Ancien monde

19 mai 2010

Les Echos – 19/05/10

Il y a deux façons de lire le classement des chercheurs français que nous publions en exclusivité aujourd’hui. La première, inévitablement pessimiste, ne peut que prendre acte des chiffres alarmants que nous livre l’Institut Necker. En neuf ans, les publications de nos spécialistes des sciences du vivant dans les grandes revues internationales sont en chute libre. Une tendance lourde, observée chaque année, qui n’a d’égal que l’entêtement de nos collectifs de chercheurs et de l’Académie des sciences à réfuter un instrument de mesure, la bibliométrie, reconnue partout ailleurs dans le monde. Autre chiffre lui aussi spectaculaire, ces 3.000 chercheurs qui n’ont jamais publié le moindre article dans les revues internationales de langue anglaise. Ce qui représente tout de même un quart de la communauté se consacrant aux sciences du vivant. Dans une discipline qui, depuis vingt ans, figure parmi les plus concurrentielles dans le monde, ces résultats ne pardonnent pas. Ils entérinent le déclin de notre pays face à l’émergence d’équipes venues d’Australie, de Suisse, de Corée, voire de Chine, où les moyens donnés à la science sont importants, concentrés et efficaces. Tout le contraire de ce qui s’est passé en France au cours de ces dernières années, où le saupoudrage des moyens le dispute à leur inefficacité faute d’une évaluation correcte des résultats obtenus en dépit d’une administration envahissante. La face optimiste des choses, c’est que l’Institut Necker nous parle d’un monde ancien que nous sommes peut-être en train de quitter. Depuis qu’elle occupe le ministère de la Recherche, Valérie Pécresse s’efforce de corriger le tir. Transformation du CNRS en agence de moyens, fixation de priorités claires à la recherche, concentration des efforts sur un nombre plus réduit d’organismes, meilleure sélection des jeunes chercheurs : les objectifs fixés montrent que le diagnostic a été lucide. Il reste à les atteindre. Pour cela -et c’est la face plus réjouissante de cette étude -la France dispose encore de belles ressources. A commencer par ces quelque 900 chercheurs de classe mondiale qui assurent à eux seuls 60 % des publications françaises dans le domaine biomédical. Leurs noms, Marie-France Carlier, Geneviève Almouzni, Jean-Marc Egly, Alexis Brice ou Yves Agid, pour ne citer qu’eux, sont certes moins connus que ceux des 24 joueurs retenus par Raymond Domenech pour le Mondial de football. Mais leur capacité d’entraînement sur une communauté qui, heureusement, n’a pas encore perdu ses élites, reste notre meilleure chance pour l’avenir.


BP durement secoué en Bourse

3 mai 2010

Les Echos – 03/05/2010

Les estimations sur le coût de la marée noire pour BP varient largement d’un expert à l’autre. Les analystes jugent l’effondrement du titre exagéré.

 La marée noire suscite de l’inquiétude chez les actionnaires de BP. Depuis la détection d’une fuite sous-marine le 22 avril, le pétrolier britannique a vu son cours chuter d’environ 12 % à la Bourse de Londres. Quelque 20 milliards de dollars de capitalisation sont partis en fumée. L’action Transocean, le propriétaire de la plate-forme, a été aussi très attaquée. Mis sous pression par l’administration Obama, BP a affirmé vendredi assumer « la pleine responsabilité » de la marée noire. Quel sera le coût de cet accident pour BP ? Une première série d’estimations commencent à circuler sur le sujet. Compte tenu des incertitudes sur l’ampleur véritable des fuites et sur le temps qu’il faudra pour y mettre un terme, les chiffres avancés varient grandement d’un expert à l’autre.

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BP, Transocean Priced for Disaster

3 mai 2010

 Barron’s – 03/05/10 – ANDREW BARY

After the Gulf disaster. Wall Street was too hard on BP and Transocean. Wall Street may be applying overly severe punishment to BP, Transocean, Anadarko Petroleum and other companies involved in the potentially disastrous recent oil spill in the Gulf of Mexico.

The market values of the affected companies have declined by a total of more than $40 billion since the spill on April 20. That seems very high relative to the potential cost of the cleanup, economic damages and fines. In a note on BP (ticker: BP) Friday, Bernstein analyst Neil McMahon wrote that the recent loss of $25 billion in BP’s market cap is "extreme" relative to a potential worse-case cost of $12.5 billion for the spill, of which BP’s share is roughly $8 billion before tax benefits. Other analysts have put lower cost estimates on the spill. BP has a 65% interest in the field with Anadarko Petroleum (APC) holding a 25% stake and Japan’s Mitsui, 10%. Transocean (RIG) owned the deep-water Horizon rig that was destroyed in a gas-related explosion, killing 11 workers. For comparison, the Exxon Valdez spill in Alaska in 1989 cost Exxon about $4 billion. The Gulf spill could be less damaging environmentally because the oil is more widely dispersed than in the confined Alaskan waters and much of the oil could evaporate in the warm Gulf waters. A worst-case scenario has the oil hitting Florida’s Gulf Coast beaches and potentially getting carried by currents onto the state’s Atlantic shoreline.

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