L’opération de refinancement à 3 ans alourdit encore le bilan de l’institut d’émission

Les Echos

Le bilan de la Banque centrale européenne atteint presque 2.500 milliards d’euros. Le prêt à 3 ans – en échange d’actifs apportés par les banques -va encore l’alourdir.

N’en déplaise au patron de la Bundesbank, le prêt à 3 ans octroyé hier va encore alourdir le bilan de la Banque centrale européenne (BCE). Celui-ci a doublé depuis qu’elle a ouvert le robinet des liquidités à l’été 2007 pour soutenir les établissements bancaires de la zone euro. Le bilan atteint désormais 2.490 milliards d’euros (au 16 décembre).

Le levier de la BCE, c’est-à-dire le montant des actifs rapporté aux fonds propres, s’élève lui à 30,6, soit un niveau plus élevé qu’en 2008, après la chute de Lehman Brothers. Pour comparaison, le levier était de 13 à la création de l’euro.

D’où certaines inquiétudes sur les marges de manoeuvre de l’institution. «  En théorie, une banque centrale n’a pas de limite, elle peut continuer d’augmenter son levier et la taille de son bilan , explique Philippe Waechter, chez Natixis AM. Mais cela lui fait prendre un risque sur l’avenir, notamment si certains actifs valaient d’un seul coup zéro. » Une situation qui pourrait par exemple se produire si la Grèce faisait défaut de manière désordonnée.

Face à une telle situation, l’institution aurait deux possibilités : créer de la monnaie pour compenser la perte ou augmenter son capital, c’est-à-dire in fine faire appel aux gouvernements européens. Cela a d’ailleurs été fait pour un montant modeste depuis le début de la crise de la zone euro. Si l’une des deux options se concrétisait, ce serait un signal extrêmement négatif. La crédibilité de la BCE serait mise à mal.

Précautions

L’opération de refinancement à 3 ans – la plus longue maturité jamais octroyée -n’était pas du goût de tous les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, car elle fait peser un risque plus grand que les opérations de prêt jusqu’à présent en vigueur (limitées à un an). «  D’une certaine manière, on n’est pas très loin de ce qu’on appelle l’assouplissement quantitatif , explique Philippe Waechter. Si la Réserve fédérale achète des actifs financiers, la BCE les emprunte pour une durée potentielle de trois ans, ce qui est très long.  » En effet, lorsque la BCE fournit des liquidités aux banques, elle le fait en échange d’actifs financiers. Les établissements bancaires se délestent ainsi pour trois ans de titres qui peuvent être par exemple des emprunts d’Etat de n’importe quel pays de la zone euro ou, avec les nouvelles règles, de créances et produits de titrisation (ABS). La BCE prend toutefois certaines précautions et exige des primes quand les actifs sont moins sûrs.

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