Sarkozy fait la rupture avec… Hollande

Les Echos

Va-t-il reverser des droits d’auteur à François Hollande ? Nicolas Sarkozy semble faire sien le slogan de son concurrent socialiste : « Le changement, c’est maintenant. » Changement dans la campagne d’abord. Depuis la primaire PS, c’est autour de la gauche et de ses propositions que s’organisait le débat. Avec les chantiers annoncés hier soir, le chef de l’Etat et ses projets se placent au centre des discussions. Serait-ce au prix de la critique ou de la polémique. Avant de reprendre la main, « Sarko » - comme dirait Alain Juppé -devait redonner de la voix et le « la ». Depuis hier, c’est fait.Le slogan Hollande version Sarkozy, c’est surtout le pari, audacieux selon les uns, désespéré selon les autres, de démontrer d’une part que le changement n’est pas une promesse pour le printemps prochain, mais un engagement dès cet hiver, et, d’autre part, que la rupture avec le passé, c’est lui, le président sortant, et non pas l’autre, le « prochain président » autoproclamé.

Le premier argument, celui du calendrier, est périlleux. Il est rare de voir un chef de l’exécutif se hâter d’annoncer une hausse de la TVA - fût-elle limitée et décalée dans sa mise en oeuvre -et une hausse possible du temps de travail pour les salariés. Mais l’impopularité programmée est le prix du « courage » affiché, le maître mot des 100 derniers jours du quinquennat. L’homme du « courage » contre l’homme du « rêve ».

Le second argument, celui du projet, est audacieux. Il réveille les accents de la « rupture ». En 2007, ministre sortant et patron du parti au pouvoir, Nicolas Sarkozy, avait réussi l’exploit d’incarner la rupture avec le président sortant. A son tour dans cette position, il doit trouver plus incroyable encore. Moins la rupture avec lui-même que la rupture avec le favori. Donc avec son adversaire, François Hollande. Avec un argument, qui sous-tendait les propos du chef de l’Etat à la télévision : lui ose d’authentiques réformes de structure - le financement de la protection sociale en est une, comme la flexibilité du temps de travail ou la libération de la construction -tandis que le candidat socialiste sera accusé de s’en tenir, sur le plan économique, à de simples hausses ou plafonnements de dispositifs existants. Comme si le vrai conservateur, c’était Hollande, et le vrai réformateur, Sarkozy.

Ce contre-pied, il le sait, ne suffira pas à inverser le courant électoral. S’il n’a pas plus cité son rival que celui-ci l’avait cité jeudi, Nicolas Sarkozy n’a cessé de cibler François Hollande : ses mesures pour le logement qui « ruineraient l’Etat », sa « folie » sur la retraite, son atteinte au quotient familial néfaste pour les « classes moyennes ». Et surtout, surtout, son « arrogance déplacée » en laquelle il place ses derniers espoirs, s’il est vrai que « les Français, peuple frondeur, ne se laissent imposer leur décision par personne ». Sarkozy, chef de l’opposition aux prévisions.

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