L’Inde confrontée au dérapage des finances publiques

Les Echos

Le budget 2012-2013 présenté aujourd’hui est très attendu sur la capacité du gouvernement à réduire les subventions massives qui obèrent ses comptes dans un contexte de ralentissement marqué d’une croissance jusqu’ici spectaculaire.

L\'Inde confrontée au dérapage des finances publiques

Aux prises avec une inflation soutenue, un déficit budgétaire trop important et un ralentissement marqué de la croissance, l’économie indienne peut redresser la barre, moyennant une sérieuse remise en ordre des finances publiques. C’est ce qu’affirme le bilan économique annuel publié hier par le gouvernement à la veille de la présentation de son budget 2012-2013.

En effet, la situation économique de l’Inde n’est pas des plus réjouissantes. L’inflation remonte depuis peu vers les 7 %, ce qui inquiète la banque centrale. Elle a décidé hier de maintenir inchangés ses taux d’intérêt, soulignant que les risques d’inflation s’aggravent «  du fait de la flambée des prix du pétrole, du dérapage budgétaire et de l’affaiblissement de la roupie ». Le déficit budgétaire demeure une préoccupation majeure pour les autorités monétaires et les marchés. Alors que le gouvernement avait prévu de ramener ce déficit à 4,6 % du PIB durant l’année fiscale 2011-2012 qui s’achève le 31 mars, le chiffre réel devrait être de l’ordre de 5,5 %. En conséquence, handicapée par une conjoncture globale morose et des taux d’intérêt domestiques très élevés, la croissance indienne marque le pas. Les 9 % ambitionnés à l’origine pour l’exercice en cours sont oubliés depuis longtemps : le taux réel devrait être de 6,9 %. Un chiffre qui peut sembler élevé vu d’Europe mais qui ne permet pas à l’Inde d’investir dans les infrastructures et la lutte contre la pauvreté.

Les marchés sont sceptiques

Les perspectives du ministère des Finances publiées hier se veulent dès lors optimistes et volontaristes. Le ministère prévoit un rebond de la croissance à 7,6 % en 2012-2013 et 8,6 % l’année suivante. Une performance obtenue grâce au recul du déficit public qui baisserait à 4,1 % puis 3,5 %. Pour cela, le rapport préconise une augmentation sensible des recettes fiscales, qui passeraient de 10,5 % du PNB actuellement à 13 % en 2016-2017. Simultanément, l’Etat devrait limiter ses dépenses, et notamment les subventions (22 milliards d’euros) qu’il verse pour limiter les prix des produits pétroliers, des engrais, de certains produits alimentaires, etc. Ces subventions sont en plein dérapage. Celles sur les carburants, par exemple, sont deux fois plus élevées cette année que prévu dans le budget.

Les milieux professionnels et les marchés sont cependant sceptiques quant à la capacité du gouvernement à maîtriser ses dépenses. Selon une étude du broker CLSA, « l es options sont limitées et douloureuses », étant donné que «  59 % des dépenses du gouvernement n’ont pas de flexibilité » (intérêts de la dette, budget sacrosaint de la défense, salaires…). En outre, la faiblesse politique du gouvernement rend encore plus difficile la prise de décisions. La seule évocation de hausse des tarifs ferroviaires menace depuis deux jours de faire éclater la coalition de gouvernement (voir « On en parle… » page 20). L’organisation patronale CII a appelé à des réformes sur les achats de terrains, la fiscalité, les infrastructures [...] et de nouvelles libéralisations des investissements directs étrangers. Autant de domaines où le gouvernement ne parvient pas à faire passer la moindre réforme.

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