Les Echos
« Quel que soit le vainqueur, les marchés financiers risquent d’avoir la gueule de bois au lendemain du 6 mai », s’agace un gérant de Wall Street. Vu des Etats-Unis, « la politique française semble engluée dans un autre siècle », soupire « The Economist ». Un intrus s’est invité au « Déjeuner sur l’herbe » de Manet. Pour la première fois depuis le début de la campagne, les médias américains s’intéressent à l’ « effet Mélenchon ». Véritable « surprise de cette élection jusqu’ici », selon le « New York Times », l’homme qui a osé traiter le candidat socialiste de « capitaine de pédalo » amuse, intrigue et inquiète à la fois.
Visiblement désarçonné, le « New York Times » observe ce « pittoresque radical-populiste », grand amateur de philosophie et de romans de William Faulkner, avec un mélange de curiosité et de compassion. Il est toutefois crédité d’avoir « ressuscité » la gauche radicale française, un temps influente, en surfant sur la crise financière. Il a même insufflé « une dynamique nouvelle et sérieuse dans la course », estime « The Christian Science Monitor » en se gardant bien de le qualifier de « little Chavez à la française » comme certains n’hésitent pas à le faire outre-Atlantique. Au fond, Jean-Luc Mélenchon rappelle trop le « bruit et la fureur » du mouvement « Occupy Wall Street » de l’automne dernier.