G20: ce qu’il n’y aura pas !

Le G20 débute ce soir. Beaucoup d’attentes et d’espoirs parmi nos dirigeants et une partie de leur électorat, mais aussi beaucoup d’incertitudes…. et un risque de déception non négligeable. Difficile de savoir donc ce qui sortira de ce sommet informel (ie qui ne bénéficie pas du cadre approprié à la prise de décision). Plus facile en revanche de savoir ce que ce sommet ne permettra pas !

– Les paradis fiscaux: la grande attente

« incompréhensible », « intolérable », « inacceptable »…. nos dirigeants feignent de découvrir et de s’insurger contre ces places financières qu’ils utilisent pourtant si souvent dans le cadre de leur fonction. Soyons sérieux: les paradis fiscaux offrent un cadre idéal pour des entreprises ou des particuliers soucieux de leur discrétion. Il en est de même pour les États, dont certaines interventions diplomatiques ou économiques nécessitent des structures appropriées. Le secret d’Etat doit aussi concerner les flux économiques. Il est donc peu probable que les puissances économiques choisissent d’agir brutalement sur ce dossier.

Il faut en revanche être visible. Il faut montrer qu’on agit, c’est une question politique. Luxembourg, Liechtenstein, ile de Man… tout cela parle. Mais qu’en est-il des vrais paradis fiscaux, ceux par lesquels transitent l’argent issus des différentes formes de trafic ? Il serait surprenant que Les îles Vierges, les îles Caïmans ou encore l’État du Delaware soient inquiétés… les lieux qui concentrent plus de la moitié des flux ne seront pas mentionnés.

Enfin, les paradis fiscaux – comme les Hedge Funds – n’ont pas contribué à cette crise. Sauf dans l’imaginaire collectif.

– La titrisation:

n’attendons pas de règles sur cette pratique louable dans le fond, mais dont les excès ont provoqué certains ravages. Le Plan Geithner – le PIPP – n’a-t-il pas pour objectif de titriser les actifs toxiques des banques afin de les sortir des bilans ?

– L’effet de levier:

Au cœur de la crise, les effets de levier compris entre 20 et 50 ont aussi eu des effets ravageurs. Pourtant, c’est grâce au levier (d’environ 6) que le PIPP espère fonctionner. Autrement dit, difficile de changer certaines habitudes, notamment quand on touche à la capacité d’endettement.  Il est quasi certain que rien ne sera décidé sur ce point dans les jours qui viennent.

– Un plan de relance coordonné:

Il n’y en aura pas, divergences culturelles et économiques obligent. Les Américains – même s’ils ne le diront pas – sont pour l’inflation. En Europe, c’est une hantise, et c’est de rigueur dont nos finances ont besoin. Enfin, les Chinois en subiraient les conséquences via leurs actifs libellées en dollars, qui diminueraient mécaniquement. D’où leur idée d’une nouvelle monnaie de référence. Ce dont personne ne parlera à Londres.

– La réforme du FMI:

dans la mesure où les Etats-Unis détiennent la majorité des droits de vote du FMI (organisme qu’ils ont crée après la guerre) et en sont les principaux pourvoyeurs de fonds, il ne sera pas question cette semaine d’une réforme globale du FMI… pour le moment, car à terme, les USA pourraient négocier un certain partage de leur pouvoir (contre une garantie de souscription des bons du trésor par un pays tiers ?). Comme le dit M. Attali, « le FMI est encore une annexe du Trésor Américain« .

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