L’influence du dollar sur la tendance actuelle

Mars 2009 est une date clé à deux titres : c’est pour le moment le point bas des marchés actions ainsi que le point bas de l’euro/dollar, qui cotait 1.25 à l’époque. La remontée fulgurante des marchés s’explique par la disparition du risque systémique, et donc le retour de l’appétit pour le risque, et par l’amélioration des données macro-économiques américaines (confiance du consommateur, revenus et dépenses des ménages, stabilisation du marché immobilier….), même si l’emploi n’est pour le moment pas au rendez-vous (sa reprise est en général différée par rapport aux autres indicateurs). En outre, peu de placements s’avèrent intéressants par rapport aux actions et aux matières premières, vu le niveau des taux d’intérêts. Le choix était donc limité en terme d’investissement. Le contexte ayant changé avec le retour de la confiance, les marchés sont montés. Mais la progression simultanée des indices et de l’euro (mais aussi d’autres monnaies) par rapport au billet vert n’est pas anodine ; les deux sont en effet corrélés par un phénomène appelé « carry-trade » :

– point 1 : les taux US sont quasi nuls. Le dollar peut donc être emprunté sans frais, c’est une monnaie dont le rendement est faible. Cela devrait perdurer tant que les taux US ne remontent pas. Le gouvernement américain, en dépit de son discours, profite de la baisse du dollar.

– point 2 : les marchés et les matières premières sont les seuls placements intéressants, et offrent un coulpe rendement/risque favorable.

Il convient donc, pour faire simple, d’emprunter des dollars et de les placer sur les marchés ou les matières premières, ou d’acheter d’autres devises plus rémunératrices.

 La concomitance des points hauts sur les actions (3900 points sur le Cac, 1100 sur le S&P), l’euro/dollar (1.50) et el pétrole (80$/baril) est du coup moins étonnante. Et le retour sur les supports respectifs simultané. Cette relation devrait perdurer. Les marchés et les matières premières vont rester à court terme sensibles à l’évolution du dollar. La baisse du dollar – ou la hausse de l’euro/dollar – devrait conduire à une poursuite de la hausse des actions et du pétrole. Néanmoins, ces différents marchés deviennent dangereusement corrélés, comme l’a fait remarqué au début du mois Nouriel Roubini. Les différents stratèges sur les devises anticipent un euro/dollar vers 1.55 au maximum dans les prochains mois. Cela donne un baril aux alentours de 90$/baril. Une baisse plus prononcée du dollar forcerait néanmoins la Réserve Fédérale à intervenir. Le dollar est une arme commerciale et diplomatique ; à partir d’un certain niveau, les partenaires des USA ne pourraient plus supporter l’appréciation de leur monnaie.

 Les éléments susceptibles d’inverser la tendance :

– un évènement sapant la confiance des investisseurs : le dollar retrouverait son statut de valeur refuge

– une progression trop rapide des marchés (marchés surachetés) entraînant des prises de bénéfices

– la résistance technique des 1.50 sur l’euro/dollar

– une poursuite de l’amélioration de l’économie américaine : si la santé de l’oncle Sam s’améliore sensiblement dans les mois à venir, l’environnement de taux actuel ne sera plus justifié. Avoir laisser les taux trop bas trop longtemps est pour mémoire le principal reproche fait à l’ancien président de la Fed, Alan Greenspan. La politique monétaire sera trop accommodante au regard de l’état de l’économie. C’est ce que fait craindre la bonne tenue du PIB US publié fin Octobre.

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