Une étude relativise la hausse des matières premières à long terme

Les Echos – 23/12/2010

Selon une étude de la Société Générale, les prix réels des matières premières auraient stagné à long terme. De quoi rendre moins attrayante cette classe d’actifs

Tout est question de perception. Ce n’est pas parce que les prix des matières premières se sont enflammés en 2010 que, sur une longue période, ils grimpent. C’est en tout cas la thèse d’une étude de la Société Générale Cross Asset Research publiée mi-décembre, intitulée « Mythes et réalité : les matières premières pour le long terme ? Jamais de la vie ! Plutôt manger du foin ! ». « Les précédents marchés haussiers des matières premières ont présenté des similarités avec les dirigeants des équipes de football anglaises : ils ont beaucoup promis, se sont distingués un temps, puis se sont écroulés, brisant le coeur de ceux qui croyaient le plus en eux. Les prix réels ont stagné sur une longue période. Les marchés haussiers ont eu tendance à revenir à leur point de départ », commente l’équipe Stratégie Monde de la banque.

L’exemple du blé

Pour dissuader les gérants d’investir dans cette classe d’actifs, ces stratégistes expliquent qu’un boisseau de blé présente aujourd’hui les mêmes caractéristiques qu’un boisseau de blé d’il y a mille ans, avec une seule différence : il est moins cher à produire car avec le temps, les progrès technologiques ont diminué les coûts de production. Ensuite, ils démontrent que sur les marchés des « futures » (contrats à terme), les investisseurs ne profitent pas de la prime de risque en reconduisant les contrats. La performance des matières premières peut se décomposer en deux parties : le rendement « spot » (performance des cours au comptant) et le rendement issu des roulements de position (« roll »). « Keynes affirmait que les prix des contrats à terme devaient être inférieurs au prix des contrats au comptant pour que les vendeurs des contrats à terme puissent payer une assurance à ceux qui supportent le risque de volatilité des prix. » Un tel marché est en situation de « backwardation ». « Or le ratio de l’indice S&P GSCI Total Return sur le S&P GSCI Spot – il rapporte le rendement total de 24 matières premières sur leur prix au comptant -est resté nul ces vingt dernières années », alors qu’il aurait dû croître dans le temps. « Si les investisseurs ont gagné de l’argent récemment, c’est donc parce qu’ils se sont positionnés du bon côté du dernier mouvement haussier des prix spot », concluent l’équipe de la Société Générale. Or ces mouvements ont été fluctuants par le passé. Si l’on prend le blé, on constate que, « depuis 1657, les prix réels ont progressivement décliné de – 0,6 % par an et aussi que des marchés spectaculairement haussiers ont eu lieu en dépit de cette tendance globalement baissière ».

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