Le point faible des fonctionnaires

Les Echos

Les fédérations de fonctionnaires auront tort de crier à l’injustice demain, lorsque le ministre du Budget, François Baroin, et le secrétaire d’Etat à la Fonction publique leur confirmeront, au cours de leur rendez-vous salarial annuel, ce qu’elles pressentent déjà : la poursuite, en 2012, du gel du point d’indice, qui sert de base à la rémunération des agents de l’Etat, des hôpitaux et des collectivités locales. En effet, cette décision n’empêchera pas le pouvoir d’achat des fonctionnaires de continuer de progresser. Car, si l’Etat patron ferme la grande vanne des augmentations pour cause de nécessaire rigueur budgétaire, il a aussi ouvert, ces dernières années, de multiples robinets permettant de relâcher les pressions salariales.

C’est d’abord la révision des grilles salariales – achevée pour les catégories C, en cours pour les B et programmée pour les A. C’est aussi la création d’une prime de performance (dite « fonction résultat »), qui permettra, au 1 er janvier 2012, à 160.000 fonctionnaires d’augmenter leur traitement de 25 % en moyenne. C’est encore la possibilité de monétiser les comptes épargne temps. C’est, enfin, cette garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa), créée en 2008 pour s’assurer qu’aucun agent ne voie son traitement évoluer moins vite que l’inflation. L’un de ces filets de sécurité qui font le charme particulier de la fonction publique à la française… Ajouté au bienveillant système d’avancement – le GVT -, cet ensemble de mesures aura permis, depuis cinq ans, à la rémunération des agents en place de progresser de quelque 3 % par an.

La situation globale des fonctionnaires rend inutile une augmentation générale du point d’indice, que l’état des comptes publics rend impensable. Relever le point d’un point engagerait 1,5 milliard d’euros de dépenses en 2012, année de tous les dangers pour la baisse des déficits. Le choix de la sagesse ne doit pas être passager mais durable. Autrefois point fort d’une administration où chacun profitait des avantages de l’autre, l’indice est maintenant le point faible d’une fonction publique encore pléthorique et toujours trop monolithique. La rigidité est devenue l’ennemie de la générosité. Faute de pouvoir augmenter telle catégorie, tel métier, tel emploi plutôt que d’autres, la prime devient l’avenir de la rémunération publique, et le mérite l’avenir du fonctionnaire.

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