La forte croissance des pays émergents fait évoluer le profil des milliardaires

Les Echos

Les détenteurs de grandes fortunes issues des pays émergents sont plus jeunes et le plus souvent à l’origine de leur propre fortune. Mais l’implication de la famille est élevée partout, à l’exception de la Russie. La philanthropie se développe peu à peu.

Les héritiers, c’est fini… L’heure est aux self-made-men. La montée des grandes fortunes dans les pays émergents modifie doucement le profil type du milliardaire dans le monde. Selon une étude de Forbes Insights en association avec Société Générale Private Banking, portant sur 1.200 grandes fortunes de 12 pays ou régions (1), la majorité des plus grandes fortunes dans le monde appartient à des personnes qui sont à l’origine de leur propre enrichissement.

C’est vrai dans les pays émergents, avec 65 % de self-made-men parmi les ultrariches de l’échantillon en Chine ou en Inde, 66 % au Brésil et même 100 % en Russie. Mais les pays développés ne font pas tous bande à part. Si les self-made-men ne sont qu’un tiers environ en Allemagne ou en France, où le poids des héritages domine, 80 % des grandes fortunes britanniques et 68 % des américaines se sont construites seules. « L’essor des fortunes émergentes reflète l’évolution économique de ces pays. Animés d’un fort esprit d’entreprise, les plus riches ne se préoccupent pas à ce stade de la manière de léguer leur fortune », commente Christiaan Rizy, directeur de Forbes Insights.

La jeunesse des fortunes émergentes se retrouve d’ailleurs dans l’implication des plus riches dans leur entreprise. Parmi les grandes fortunes étudiées, 93 % des Russes, 85 % des Chinois, 78 % des Indiens et 75 % des Brésiliens sont employés à temps plein, c’est-à-dire qu’ils contrôlent, dirigent ou gèrent leur entreprise. Les pays émergents, qui ont créé plus de la moitié des nouveaux milliardaires sur un an, selon la dernière étude « Forbes », rajeunissent sensiblement la moyenne d’âge des plus fortunés. Ils ont en moyenne 49 ans en Russie et 50 ans en Chine. La Chine et la Russie viennent de rejoindre, selon le recensement annuel de « Forbes », les Etats-Unis dans le club très fermé des pays comptant plus de 100 milliardaires, avec 115 milliardaires en Chine et 101 en Russie.

A l’autre bout du spectre, la France affiche un âge moyen de ses grandes fortunes de 74 ans et l’Allemagne ou les Etats-Unis de 66 ans. En revanche, l’effectif reste dans tous les cas masculin, à 100 % au Moyen-Orient et au Mexique et à 90-95 % dans la plupart des autres pays. L’Allemagne et Hong Kong font exception, avec 17 % et 23 % de femmes.

Place primordiale de la famille

Les grandes fortunes issues des pays émergents et des pays plus matures partagent en revanche une caractéristique : la place de la famille. La moitié ou plus des plus fortunés engagent leurs enfants dans leur entreprise au Moyen-Orient mais aussi à Hong Kong ou en France. Les autres membres de la famille ne sont pas en reste, que ce soit au Mexique, au Moyen-Orient ou en Inde. C’est néanmoins beaucoup moins vrai aux Etats-Unis (les enfants ne sont engagés dans l’entreprise que dans 21 % des cas) ou au Royaume-Uni (11 %). Autre caractéristique générale : les plus fortunés résident le plus souvent dans le pays dont ils sont ressortissants. Hong Kong se singularise, confirmant son statut de refuge pour les plus fortunés, avec 28 % de ses milliardaires citoyens et résidents de pays différents.

La spécificité des émergents se retrouve en partie en matière de philanthropie. Si les Etats-Unis sont très actifs dans ce domaine, dans le sillage de Bill Gates et Warren Buffett, l’Allemagne, la France mais aussi l’Inde ou Hong Kong ne sont pas en reste. Dans 8 pays, plus de 40 % des grandes fortunes financent leur propre fondation dans ce domaine. C’est encore rare en Chine ou en Russie.

Enfin, en stratégie d’investissement, les ultrariches ont subi eux aussi le contrecoup de la crise. « Les grandes fortunes ont aujourd’hui deux préoccupations majeures : dans le sillage de la crise, comment construire un portefeuille performant – investi notamment dans les émergents -avec un risque limité et, plus nouveau, la crainte de l’inflation », souligne Daniel Truchi, directeur de Société Générale Private Banking.

(1) Fortunes supérieures à 1 milliard de dollars. Le seuil a été abaissé à 425 millions en Chine, 500 millions en Inde et 190 millions à Singapour pour un échantillon plus représentatif de leur poids économique.

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