Gaz et éolien, les deux saluts de Berlin

Les Echos

L’atome représente près du quart de la production d’électricité, et le charbon 45 %. Le pays mise sur le gaz et l’éolien pour compenser leur réduction.

SGT5-8000H. Derrière ce nom, se cache l’avenir du système électrique allemand. Il s’agit du dernier modèle de centrale à cycle combiné à gaz de Siemens. Sa particularité : un rendement record et la capacité de monter à pleine puissance, 578 mégawatts (MW), en 30 minutes. « Avec des sites de production éolienne et solaire fournissant une part régulièrement croissante d’électricité, les moyens de production à forte capacité capables de réagir rapidement pour compenser les fluctuations liées à la météorologie sont décisifs pour l’équilibre du réseau », se félicite Michael Suess, patron de Siemens Energy. C’est tout l’enjeu de l’Allemagne, qui a officialisé hier sa sortie de l’atome, trois mois après la catastrophe de Fukushima. Pour compenser l’arrêt immédiat de 7 réacteurs et celui de 10 autres d’ici à 2022, qui génèrent ensemble près du quart de son électricité, le pays veut se reposer sur le développement des énergies renouvelables. Or, leur production est par nature intermittente. Pour la compenser, il faudra investir autant dans des moyens thermiques, comme le gaz ou le charbon propre. Le gouvernement table sur 10 gigawatts (GW) de projets de ce genre d’ici à 2013 et sur 10 autres d’ici à 2020. Un total de 20 GW qui correspond à la capacité nucléaire du pays.

Doubler la part du renouvelable

Gaz et énergies renouvelables, tels devraient être les deux piliers de la politique énergétique allemande – quitte à accroître sa dépendance vis-à-vis de la Russie, son principal fournisseur de gaz. Déjà aujourd’hui, le gaz compte pour environ 15 % de la production d’électricité et les renouvelables pour quelque 18 %. La part de ces dernières doit doubler à 35 % d’ici à 2020. L’éolien devrait connaître l’essor le plus rapide, avec un développement plus marqué en mer. La technologie n’est certes pas encore totalement éprouvée, mais les projets offshore doivent permettre d’installer des éoliennes de plus grande capacité tout en réduisant les risques d’acceptabilité. Selon les experts, à court terme, l’Allemagne ne devrait pas se trouver en situation de sous-capacité suite à l’arrêt définitif des 7 plus vieux réacteurs. Anticipant la sortie de l’atome prévue initialement par le gouvernement Schröder, les producteurs d’énergie avaient multiplié les projets de centrales thermiques. De quoi souligner le talon d’Achille du pays : ses émissions de gaz à effet de serre. Car il dépend encore à 45 % du charbon, l’énergie la plus émettrice de CO2. Résultat, un kilowattheure génère 441 grammes de CO2 en Allemagne, contre 83 en France, qui dépend surtout du nucléaire.

Depuis la mi-mars, lorsque les sept plus vieux réacteurs ont subi un moratoire, le pays a largement augmenté ses importations d’électricité. En avril, celles venant de France ont ainsi bondi de plus de 40 %… Un retournement de tendance par rapport aux deux dernières années, qui avaient vu l’Allemagne exporter massivement vers la France.

En situation d’équilibre, après avoir bénéficié de surcapacités, le réseau électrique dispose de marges de sécurité amoindries. Autrement dit, le risque de black-out augmente. Or, pour faire venir l’électricité éolienne du nord vers le sud de l’Allemagne, où la consommation est la plus forte, le réseau aura besoin d’être renforcé. C’est la situation paradoxale soulevée par la Bundesnetzagentur, qui contrôle le réseau. « A travers le moratoire, plus de capacités de transport sont nécessaires et dans le même temps, les travaux de renforcement ne peuvent plus être conduits du fait de la nouvelle charge qui pèse sur le réseau. »

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