Après le 30 juin, les investisseurs espèrent une transition ordonnée

Les Echos

La fin du deuxième plan d’assouplissement quantitatif (QE2) n’annonce pas pour autant la fin de tout soutien aux marchés obligataires. Un soutien conditionné par l’évolution de la situation financière et de la conjoncture.

La fin du deuxième plan d’assouplissement quantitatif (QE2), dans quelques jours, ne sonne pas pour autant la fin du soutien des autorités américaines à leurs marchés obligataires. Un soutien sans doute bien moins fort et visible, mais la Réserve fédérale (Fed) ne peut pas courir le risque d’abandonner totalement le T-bond à son sort dans une situation conjoncturelle qui s’est récemment dégradée. En effet, depuis l’annonce par la Fed qu’elle n’envisageait pas de troisième plan de soutien quantitatif (QE3), la situation économique s’est dégradée, alors que le marché immobilier ne parvient toujours pas à repartir. « La Fed est aujourd’hui inquiète des éventuels dommages collatéraux causés sur les marchés par un revirement de sa politique », souligne Anthony Crescenzi, de la société de gestion Pimco. Ce dernier fait un parallèle entre la situation actuelle et celle d’un grand magasin qui verrait son plus gros client, la Fed, déserter subitement ses allées. Mais ce client très particulier ne va pas commencer à déstocker avant un certain temps, les autorités ayant bien fait comprendre que la vente des T-bonds n’interviendrait qu’en dernier lieu, après les relèvements des taux d’intérêt. Ce qui assure une certaine stabilité aux marchés. Ces derniers exigeront certes des taux plus élevés pour rémunérer leurs risques, mais ce sera « davantage un processus continu qu’un événement soudain », estime Anthony Crescenzi. En d’autres termes, le rendement du T-bond ne devrait pas s’envoler du jour au lendemain après la fin du QE2, mais augmenter progressivement. Sa vitesse de remontée sera suivie de près par les autorités monétaires.

Un QE sans le dire

Par sa politique différenciée de réinvestissement du principal des différentes catégories de titres qu’elle détient en portefeuille, la Fed garde encore une certaine emprise sur l’évolution des marchés obligataires et sur la courbe des taux d’intérêt. Exemple ? Elle pourrait « décider de réinvestir le principal seulement dans des titres d’Etat de maturité longue (10 ans et plus), plus longue que la maturité actuelle de son portefeuille, de l’ordre de 6 ans. En maintenant les taux longs à un niveau constant et bas, la Fed pourrait signaler aux marchés qu’elle n’a pas abdiqué tout volontarisme si la conjoncture reste peu porteuse », explique Ben Emons, de Pimco. En cas de réel souci cet été, les autorités américaines, très pragmatiques, ne vont pas lâcher le T-bond en rase campagne en intervenant si besoin est, notamment dans l’éventualité d’une nette rechute de l’activité ou si une trop grande nervosité s’emparait des marchés à mesure qu’approche la date butoir du 2 août pour la renégociation du plafond de la dette américaine. En laissant entendre qu’elle viendrait à leur secours pratiquement quoi qu’il arrive, la Fed peut créer une forme d’aléa moral en donnant un sentiment excessif de sécurité aux marchés obligataires. Une assurance qui est peut-être déjà intégrée dans le rendement des T-bonds et qui explique en partie leur très bas niveau historique.

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