Les dépenses de retraite et de santé vont aggraver la dette

Les Echos

Le rapport du Congressional Budget Office (CBO), la semaine dernière, est tombé à pic pour nourrir le débat qui agite Washington sur la dette et la réduction des dépenses. Selon le CBO, « le vieillissement de la population et la hausse du coût des soins de santé vont provoquer l’augmentation des dépenses des programmes obligatoires de santé et de sécurité sociale, qui passeront de 10 % du PIB à environ 15 % dans vingt-cinq ans ». Ces 5 points représentent environ 750 milliards de dollars. A titre de comparaison, les dépenses publiques totales, hors paiement des intérêts de la dette, ont représenté en moyenne 18,5 % du PIB environ au cours des quarante dernières années.

Marge de manoeuvre limitée

Les Etats-Unis accumulent les déficits budgétaires (entre 1.500 et 1.650 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2011 qui s’achève le 30 septembre) qui à leur tour contribuent à accroître la dette : elle représentait 40 % du PIB en 2008, elle atteindra 69  % de celui-ci à la fin de cette année. Cette accélération est le fruit de la baisse des recettes résultant de la dernière récession et de la hausse des dépenses de l’Etat pour la combattre. Toutefois, à court-terme, le CBO a une vision plutôt optimiste des choses, arguant que « le rétablissement de l’économie et la baisse des aides de l’Etat vont faire décliner de façon marquée les déficits budgétaires dans les années à venir ». Reste que les perspectives pour la prochaine décennie et les années suivantes « sont effrayantes. » Dans son scénario le plus pessimiste (pas de hausse des recettes qui se maintiennent à 18 % du PIB et une baisse modeste des dépenses) la dette nette publique dépassera 100 % du PIB en 2021. Elle atteindra même 190 % du PIB en 2035 si rien n’est fait. Dans le même temps le paiement des intérêts de la dette va exploser. Surtout, les politiques auront une marge de manoeuvre de plus en plus limitée pour agir ce qui rendra le pays encore plus vulnérable aux chocs.

Le CBO conseille donc, comme d’autres avant lui, « d’accroître les revenus de l’Etat, de réduire les dépenses de façon significative, ou de faire une combinaison des deux ». Il ne faut pas agir trop vite pour ne pas freiner le rétablissement en cours, mais plus ces changements à moyen terme interviendront tôt et moins l’économie aura à souffrir de la hausse de la dette.

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