Les banques françaises devraient pouvoir faire face à un retournement de l’immobilier

Les Echos

Pour Moody’s le marché de l’immobilier est en surchauffe mais les banques françaises restent solides. Gare néanmoins à la baisse des marges.

Les banques françaises sont-elles en mauvaise posture en cas de retournement des prix immobiliers dans l’Hexagone ? La question était posée hier par Moody’s pour qui le marché immobilier français est en surchauffe. Pour l’agence américaine, « les fondamentaux du marché français de l’immobilier – tel que le déficit structurel de l’offre -ne peuvent à eux seuls justifier l’envolée des prix des dernières années ». Deux autres effets combinés joueraient : les mesures de relance du gouvernement ainsi que les taux exceptionnellement bas de refinancement des banques auprès de la Banque centrale européenne. «  Or, ces éléments pourraient ne pas s’incrire dans la durée  », estime Stéphane Herndl, analyste des institutions financières chez Moody’s. Bien sûr, les banques peuvent continuer de relever les taux d’intérêt accordés aux nouveaux crédits. Mais l’intensité de la concurrence est telle en France que la hausse des taux restera contenue. Ce sont donc les marges des banques qui devraient en pâtir. Quant à la solvabilité des particuliers, elle pourrait aussi être affectée, un retournement des prix de l’immobilier se conjuguant généralement à une dégradation de la conjoncture. Moody’s identifie plus particulièrement une zone sensible sur les crédits accordés juste avant la crise financière, entre 2006 et 2007. Les banques étaient alors un peu moins regardantes sur la qualité des emprunteurs et pouvaient financer assez souvent jusqu’à 100 % des biens acquis.

Pas d’abaissement envisagé

L’agence de notation nuance toutefois son propos en indiquant que les banques françaises sont parmi les banques les mieux positionnées en Europe pour absorber les chocs. Elle n’envisage d’ailleurs pas de dégradation de leurs notes à ce sujet – alors qu’elle l’a fait pour la Grèce -tant que la baisse des prix reste contenue à des niveaux identiques à ceux enregistrés en 2008-2009 (- 10 % en moyenne). Le sujet soulevé par Moody’s intervient dans un environnement particulier. Fin mars, la Banque de France avait déjà averti le secteur qu’il devait veiller à la préservation de ses marges dans un contexte de remontée des taux de marché. «  Au début de l’année 2011, les banques françaises auraient prêté de l’argent avec des marges quasiment nulles », confirme Moody’s. Enfin, selon une étude Compass, «  l’immobilier est le seul secteur où les encours des principales banques françaises sont véritablement concentrés  ». Entre 2001 et 2010, la part des particuliers dans les engagements totaux de Crédit Agricole est passée de 14 % à 35 %. Au Crédit Mutuel, elle était de 46 % en 2010. Les banques françaises semblent cependant avoir du mal à tenir compte de ces avertissements. Selon les chiffres de la Banque de France sur les encours de crédit de mai, les prêts à l’habitat ont progressé en rythme annuel (+ 9,1 % après + 8,5 %) comme en rythme trimestriel annualisé (+ 9 ,5 % après 8,9 %).

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