Le réchauffement confirmé grâce à l’argent du pétrole

Le Monde

Charles Koch n’en a pas eu pour son argent. Voilà quelque dix-huit mois, celui qui est l’un des principaux soutiens financiers des organisations climato-sceptiques américaines accordait une bourse de recherche à un groupe de chercheurs réunis autour de Richard Müller, physicien à l’université de Californie à Berkeley. Pour le patron de Koch Industries – gigantesque conglomérat pétrochimique américain – ,le programme de recherche proposé par M. Müller semblait alléchant : il s’agissait de reconstruire la courbe d’évolution de la température moyenne de la terre. De rassembler 1,6 milliard de mesures de température issues de 39 000 stations météorologiques, de les corriger de tous les biais imaginables, de les traiter de la manière la plus précautionneuse possible, pour obtenir une courbe de réchauffement d’une implacable solidité.

Et, surtout, de voir au passage si, par hasard, les travaux menés de longue date sur le sujet n’étaient pas biaisés ou fautifs. Superbe occasion de démontrer avec leurs propres outils que ces satanés climatologues exagèrent un peu – voire beaucoup ! – cette histoire de changement climatique.

De fait, si Richard Müller ne s’est jamais réellement rangé dans la catégorie des climato-sceptiques, il a souvent entretenu l’ambiguïté dans ses déclarations ou ses articles de vulgarisation. Ambiguïté sans laquelle, de toute évidence, il n’aurait jamais obtenu le moindre dollar de Charles Koch. Attendus avec fébrilité, les résultats viennent d’être rendus publics ; ils sont extraordinairement « décevants ». Ils montrent que, depuis cinquante ans, la température moyenne de la basse atmosphère s’est bel et bien réchauffée de 0,9 °C au-dessus des terres émergées. La courbe reconstruite par M. Müller et ses coauteurs épouse ainsi à plus de 95 %, les trois autres, établies indépendamment par le Goddard Institute for Space Studies, le National Climatic Data Center américain et par le Hadley Centre de l’université d’East Anglia (Royaume-Uni). Richard Müller et ses coauteurs ont ainsi travaillé d’arrache-pied pendant de longs mois pour… confirmer les travaux de trois autres laboratoires.

Le plus cocasse est que, loin de montrer que les précédentes analyses étaient alarmistes, les résultats du Berkeley Earth Surface Temperature suggèrent qu’elles sont, au contraire, trop « conservatrices ». En regardant les courbes à la loupe, on observe en effet que la nouvelle est souvent très légèrement au-dessus des trois autres…

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