Les Bourses sont sensibles aux dégradations de notes souveraines

Les Echos

Les dégradations de notes des pays font davantage baisser les Bourses concernées que leurs améliorations ne les font monter. Elles sont précédées de mouvements suspects dans les pays émergents attestant de possibles fuites avant les annonces officielles.

Anticipées ou effectives, les dégradations de notes des pays exercent une forte emprise sur les marchés depuis l’aggravation de la crise cet été. Ce sont surtout les dégradations des ratings souverains, et pas leurs améliorations, qui ont le plus d’impact sur les Bourses des pays concernés. Et leurs effets sont plus importants pour les pays en développement que dans les pays développés, révèle une étude récente qui a analysé les changements de ratings souverains décidées par les trois principales agences (Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch) sur longue période (1988-septembre 2011).

Ainsi, l’abaissement de la note d’un pays fait baisser son marché boursier de 0,42 % le jour où il est annoncé. Mais la baisse commence bien avant cette annonce officielle (voir notre illustration). Dans les cinq jours qui précèdent, sa Bourse perd 1,1 %, et ne commence à se redresser que deux jours après la dégradation : le marché remonte et compense une grande partie de sa baisse précédente. A l’inverse des dégradations, les améliorations de ratings ont surtout un effet positif le jour où elles sont divulguées, avec une hausse de 0,21 % des actions, d’une amplitude bien inférieure à l’impact des dégradations. Cette asymétrie est courante sur les autres marchés, telle la dette des entreprises, où une baisse de leur note augmente davantage leur risque (« spread ») qu’une amélioration de leur rating ne le fait diminuer. Sur la dette souveraine, les augmentations de ratings ne sont pas précédées par des mouvements significatifs des Bourses des pays concernés, à la différence des abaissements.

Soupçons de fuites

La baisse de la Bourse qui devance l’annonce de la dégradation du rating de son pays prouve soit que le marché parvient à bien anticiper les décisions des agences (rating et timing) soit qu’il bénéficie de « fuites ». C’est cette deuxième hypothèse qui est plutôt privilégiée par les chercheurs.

En effet, le repli des actions avant la dégradation est plus important dans les Bourses des pays émergents que dans celles des pays développés. Cette baisse par anticipation est aussi d’autant plus importante que le pays a un indice de corruption élevé ou un système légal peu contraignant et efficace, alors que dans un pays peu corrompu cette baisse est négligeable. « Il est surprenant que ces marchés boursiers peu développés parviennent mieux que les grands à anticiper les actions des agences de notation. Ce qui suggère des fuites d’informations dans les cinq jours qui précèdent les annonces, peut-être à l’instigation des gouvernements eux-mêmes, car ils ont été sondés et approchés au préalable par les agences », estiment les universitaires.

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