L’Iran dispose de capacités de représailles réelles

Les Echos

L’Iran pourrait utiliser des moyens non conventionnels en représailles à un embargo efficace contre son pétrole, mais une fermeture du détroit d’Ormuz demeure peu probable.

Quelles seraient les représailles de l’Iran en cas d’embargo ? La première idée qui vient à l’esprit est évidemment un blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 17 millions de barils par jour (Mb/j), 40 % du commerce international de pétrole et un quart de la consommation mondiale. Un scénario catastrophe en vogue depuis l’arrivée au pouvoir des mollahs en 1979, mais finalement peu probable.

En effet, la partie navigable du canal, large d’une dizaine de kilomètres, se trouve dans les eaux du sultanat d’Oman, les iraniennes étant trop peu profondes. Pour bloquer la quinzaine de pétroliers y passant chaque jour, Téhéran devrait donc se livrer à un acte de guerre contre Oman, ce qui l’exposerait à des représailles des alliés du sultan, dont d’importantes forces navales, dotées de démineurs, sont déployées dans la région, notamment la V e flotte américaine.

Le minage discret du détroit pourrait, certes, gêner le trafic pétrolier, mais sans vraiment l’interrompre. Durant la « guerre des tankers » de 1980-1988 durant laquelle l’Irak et l’Iran ont essayé de s’empêcher mutuellement d’exporter du pétrole, 550 navires de toute nationalité ont été frappés mais le détroit d’Ormuz n’a pas été fermé pour autant. Les tarifs d’assurance des tankers avaient flambé, mais aucune pénurie physique d’or noir n’avait été constatée. Aujourd’hui des pipelines permettraient d’évacuer jusqu’à un tiers du pétrole passant par le détroit. Si l’embargo menaçait de les mettre à genoux, les mollahs conservent toutefois d’autres atouts ; le terrorisme international, utilisé efficacement lors du contentieux Eurodif avec la France dans les années 1980, ou la déstabilisation du Liban. Téhéran y dispose d’un puissant allié avec la milice chiite du Hezbollah, qu’il aidait à hauteur de 200 millions de dollars par an avant de l’aider à se financer via le trafic de drogue en Amérique latine. Washington accuse la LCB (Lebanese Canadian Bank SAL), où le compte 145178 aurait été ouvert pour le compte du Hezbollah, de blanchir l’argent de ce trafic.

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