Déficit : la Cour des comptes juge prioritaire de réduire les dépenses

Didier Migaud a appelé hier à un effort de redressement « vigoureux, rapide et crédible » pour sortir la France de la « zone dangereuse ».

Si la Cour des comptes fera, comme c’est l’usage, preuve de discrétion pendant la campagne électorale, elle entend auparavant mettre l’accent sur la gravité de la situation des finances publiques. Elle l’exprimera notamment dans son rapport annuel qui sera remis au gouvernement début février, mais Didier Migaud n’a pas manqué, hier, à l’occasion de l’audience de rentrée, d’envoyer ses premières flèches.

« Il faut s’éloigner de la zone dangereuse dans laquelle notre pays est rentré », a lancé le premier président, devant plusieurs ministres dont Valérie Pécresse (Budget). Pour Didier Migaud, l’effort de redressement doit être « vigoureux, rapide et crédible », car il faut « s’efforcer de se dégager » de cette zone dangereuse, et pas « se contenter de stabiliser l’endettement ». La dette publique doit atteindre un pic en 2012, à plus de 88 % de PIB, puis se stabiliser en 2013 (à condition de ramener le déficit à 3 %). Et le premier président de s’inquiéter des « deux évolutions marquantes qui se sont produites récemment » : la dégradation de la croissance, qui « aura un impact négatif sur les recettes et conduira à une hausse de certaines dépenses, en particulier celles en faveur de l’emploi », ainsi, bien sûr, que la mise sous surveillance négative de la dette de la France par les agences. « Les citoyens doivent prendre conscience de l’importance pour la France de retrouver la maîtrise de ses finances publiques. C’est la condition de sa souveraineté », a-t-il ajouté. Les candidats à la présidentielle sont prévenus.

Autre message : « Si l’effort structurel de réduction du déficit public en 2011 et celui programmé pour 2012 représentent un net progrès par rapport au passé, ils demeurent encore inférieurs au niveau dont la Cour a montré la nécessité. » Les mesures de redressement devront en outre porter « davantage sur les dépenses que sur les recettes ». Ce qui n’est pas le cas des deux derniers plans de rigueur, dont l’impact en 2012 porte en majorité sur les impôts.

La Cour cible en particulier les dépenses de Sécurité sociale, et notamment celles d’assurance-maladie, en fixant comme règle « l’élimination » des déficits sociaux. « Malgré les décisions déjà prises, en l’absence de mesures nouvelles, la spirale de l’endettement [social] ne peut que se poursuivre », avertit Didier Migaud, pour qui l’effort devra aussi « pleinement concerner les collectivités locales ». Certes, elles équilibrent leurs comptes, mais « au prix d’un ajustement permanent de leurs recettes. »

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