Air France : dernier appel

Les Echos

Air France est malade. Gravement malade même. La compagnie nationale n’est certes pas la seule à connaître quelques turbulences dans le ciel européen. Le pétrole cher et la dégradation de l’activité économique pénalisent aussi toutes ses rivales. Mais, à ces handicaps sectoriels, Air France ajoute une structure de coûts qui plombe sa rentabilité. Résultat, il est actuellement sur une trajectoire qui le mène tout droit vers un défaut de paiement à l’horizon de 2014. Autant dire qu’il n’a plus le choix, il doit s’infliger un régime drastique.

Pour y parvenir, ses dirigeants ont décidé de procéder en deux temps. Stopper l’hémorragie immédiatement, puis, d’ici à la fin du printemps, s’attaquer au fond du problème. Au regard de l’urgence de la situation, ce choix peut paraître paradoxal. Il répond en fait à deux objectifs. D’abord, faire partager la nécessité de la transformation au plus grand nombre. Surtout, décorréler les mesures d’urgence sur lesquelles un large consensus est acquis, des décisions plus structurelles, afin d’assurer la mise en place des premières. Dans une entreprise aussi frondeuse qu’Air France, pareille précaution n’est sans doute pas superflue. Surtout en pleine campagne présidentielle.

Mais il faut espérer que ce second chantier ne s’égare pas en route. Que l’unité de vues affichée par les dirigeants du groupe sur la nécessité de refonder l’entreprise résiste aux inévitables tensions qui jalonneront le chantier social qui s’ouvre. C’est tout l’enjeu des prochains mois. Car c’est certain, un énième plan d’économies si massif soit-il ne suffira pas à sauver l’entreprise. C’est ni plus ni moins au modèle d’Air France qu’il faut désormais s’attaquer. Depuis quinze ans, le pavillon national a construit sa stratégie sur deux piliers : un pacte social garantissant des ajustements progressifs et un système de hub tourné vers la clientèle internationale à forte contribution. Le second reste pour le moment solide en dépit de la crise et de la concurrence émergente des compagnies du Golfe. A l’inverse, le pacte social, lui, doit être revisité. La réforme à petits pas, chère à la compagnie, n’est plus de saison. C’est l’organisation du travail qu’il faut remettre à plat dans le court et moyen-courrier. C’est aussi à un tri dans les métiers qu’il faut s’attacher, en acceptant sans doute d’en déléguer certains à des sous-traitants. L’heure des choix a sonné. Et le plus dur reste à faire.

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