Sur la taille pertinente du marché des dérivés, les avis divergent radicalement

Les Echos

La crainte d’une concentration du marché européen des dérivés constitue le principal frein à la fusion Nyse Euronext-Deutsche Börse. Mais tout dépend de la façon dont on évalue ce marché.

Clef de voûte du projet de rapprochement des Bourses Nyse Euronext et Deutsche Börse, le marché des dérivés constitue aussi le premier souci des autorités européennes de concurrence, aujourd’hui sceptiques quant aux bienfaits d’une fusion des deux opérateurs.

Selon les opposants à cette opération, le mariage des deux groupes boursiers reviendrait à concentrer les échanges de plus de 90 % des dérivés (contrats à terme, options) cotés en Europe. Une domination qui anéantirait toute tentative d’introduction d’un nouveau compétiteur dans ce domaine. Or cet argument, avancé entre autres par le London Stock Exchange Group, hostile à la fusion, repose sur des informations biaisées, affirment les patrons de Nyse Euronext. « Je pense qu’ils ont totalement raison, explique Axel Pierron, vice-président Europe du cabinet d’études Celent. Tout ceci donne l’impression que les services de la Commission n’ont pas vraiment compris ce qu’était un marché de dérivés. Et en particulier qu’il ne s’agit pas d’un marché régional, mais d’un marché global. »

Deux types d’échanges

Difficile à évaluer, le marché mondial des dérivés est composé d’échanges de contrats via des plates-formes électroniques opérées par des Bourses et d’échanges de contrats de gré à gré. Autrement dit, de façon bilatérale entre intervenants ou institutions financières. Aujourd’hui, la majorité des échanges de dérivés se fait de manière bilatérale. Ainsi envisagé, le marché européen des dérivés cotés représente une petite part du total des échanges de contrats financiers sur le Vieux Continent. Et le rapprochement du Liffe et d’Eurex, filiales de dérivés respectives de Nyse Euronext et Deutsche Börse, permettrait de concurrencer d’autres opérateurs mondiaux, comme le CME Group, leader des Bourses de dérivés outre-Atlantique.

« Si l’on bloque cette fusion, on n’augmentera pas du même coup la compétition en Europe, poursuit Axel Pierron. Si la Commission voulait vraiment stimuler la concurrence, elle s’y prendrait autrement. Par exemple, en imposant à Eurex de fournir les licences de ses contrats aux autres Bourses, pour qu’elles puissent développer leurs propres produits. »

Tous les acteurs du marché ne partagent pas ce point de vue. « Le rapprochement du Liffe et d’Eurex reviendrait à fermer le marché des dérivés libellés en euros à la concurrence », lance le représentant d’une grande entreprise de courtage. Et d’ajouter : « Le marché de gré à gré n’a pas grand-chose à voir avec celui des dérivés cotés. Le premier permet de se couvrir contre des risques de long terme alors que le second se concentre sur quelques produits de court terme, en général pour trois mois. » Ces deux opinions vont se confronter jusqu’à l’issue finale des débats dans deux semaines.

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