Croissance : la Banque mondiale redoute le pire

Les Echos

La croissance mondiale devrait s’établir à 2,5 % cette année, estime la Banque mondiale. Cette dernière met toutefois en garde que cette prévision sera difficile à réaliser. Un scénario bien pire pourrait voir le jour.

«Les scénarios pessimistes envisagés il y a seulement six mois sont en train de se matérialiser. » Dans son rapport annuel 2012 sur les « Perspectives pour l’économie mondiale », la Banque mondiale ne cache pas ses craintes de voir son scénario de base remis en cause. En pire.

L’institution multilatérale prévoit un taux de croissance mondial de seulement 2,5 % cette année contre 3,6 % six mois plus tôt. Toutes les régions du monde sont affectées. En particulier les pays riches dont la hausse du PIB ne devrait pas dépasser 1,4 %. Pire, la zone euro devrait voir une contraction de sa croissance de 0,3 % sur l’ensemble de l’année. Comme l’OCDE, la Banque estime que les pays partageant la monnaie unique sont entrés en récession au dernier trimestre de 2011. Elle ne prendra fin qu’au second trimestre de l’année en cours. Mais, met en garde la Banque, « mêmes ces prévisions pourraient être difficiles à atteindre ».

« Si la crise s’intensifie, personne ne sera épargné. Les taux de croissance des pays développés comme ceux des pays en développement pourraient connaître une chute égale, voire même supérieure, à celle de 2008-2009 », renchérit Andrew Burns, l’un des auteurs du rapport.

Les signaux récents ne sont en effet guère rassurants. Les flux de capitaux vers les pays en développement ont accusé une chute au cours du second semestre 2011 (170 milliards de dollars). Hausse des taux d’emprunt et du coût des assurances (CDS), recul de 8,5 % des marchés boursiers depuis juillet dernier se sont conjugués pour aboutir à une perte de richesse de 6.500 milliards de dollars (9,5 % du PIB mondial) pour les pays en développement. Seul le crédit bancaire syndiqué s’est montré résistant. Mais pour combien de temps, s’interroge Andrew Burns. Qu’adviendrait-il si les établissements bancaires décidaient de réduire leur effet de levier… Il pourrait en résulter notamment un recul des financements des exportations des pays en développement. Or, leurs exportations ont déjà reculé de 1,3 % en taux annualisé au troisième trimestre 2011. Le volume des échanges mondiaux, lui, a baissé de 8 % en taux annualisé entre août et septembre du fait d’une baisse de 17 % des importations européennes. « Les pays en développement devront de plus en plus rechercher la croissance du côté du monde en développement », souligne le rapport.

L’assombrissement des perspectives et les risques de dérapage interviennent dans un contexte où les finances publiques des pays en développement se sont aussi dégradées. Leur latitude budgétaire est beaucoup plus réduite pour faire face à une nouvelle crise, alerte la Banque. Bref, si les pays émergents ont pu, jusqu’à aujourd’hui, agir comme locomotive de la croissance mondiale, tel ne sera pas le cas dans les mois prochains. Une aggravation de la crise dans les pays riches ne ferait alors que renforcer les vents contraires qu’ils subissent déjà.

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