Le mur de la compétitivité

Les Echos

La pensée facile suggère que le sommet social convoqué aujourd’hui par Nicolas Sarkozy est voué à l’échec. Tout semble y concourir, et d’abord la mauvaise volonté d’invités dont la priorité assumée ne semble plus être que d’en finir avec ce président-là. Après s’être affiché hier avec Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, se rend à l’Elysée avec l’intention de « polémiquer » sur le coût du travail. Quant à son homologue de la CFDT, François Chérèque, il cache mal son impatience de voir François Hollande, entouré d’ex-cédétistes, accéder à l’Elysée. Rarement les syndicats auront eu la consigne de vote si près des lèvres.

Eux qui avaient mis des décennies à conquérir leur indépendance politique risquent de payer cher cette perte d’autonomie. La tradition, ensuite, veut que l’on ne traite plus avec un exécutif si près d’une présidentielle, comme si la légitimité du mandat s’éteignait cent jours avant terme. La contrainte budgétaire, enfin, impose d’être réaliste quant aux moyens supplémentaires qui pourraient être consacrés à la lutte contre le chômage.

Pourtant, ce sommet social condamné d’avance devrait déboucher sur un accord formel, partiel. C’est possible pour autant que le chef de l’Etat s’en tienne à son dessein de n’y annoncer, aujourd’hui, que des mesures consensuelles d’amortissement du chômage, susceptibles d’être appliquées dès février : une simplification radicale du recours au chômage partiel, une formation pour les chômeurs. Poussées par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, ces mesures sont nécessaires, sans doute. Mais ce sommet social sera pleinement réussi s’il parvient à rallier l’opinion à l’urgence d’une cure de compétitivité. Cure dont il serait souhaitable qu’elle n’emprunte pas seulement à l’Allemagne la baisse des coûts unitaires de production, mais aussi au Royaume-Uni son degré de concurrence interne. Il est à craindre que Nicolas Sarkozy n’en soit pas le meilleur avocat ; ce sommet sur la compétitivité se heurte à un mur d’impopularité présidentielle.

Il serait illusoire, aussi, de trop attendre de mesures macroéconomiques comme la TVA sociale. Car, plus qu’un surcoût global du travail, le regain de chômage que nous subissons traduit la douloureuse transition d’une économie qui détruit des emplois là où elle perd de la valeur ajoutée – métallurgie, mécanique, textile… -, sans en créer encore assez là où se joue la croissance de demain : les services aux entreprises et aux ménages, l’intermédiation comme la finance ou la logistique, la construction… Comme le montre le rapport sur l’emploi publié hier par le Centre d’analyse stratégique, la conquête de la compétitivité passe par des politiques sectorielles. Elle ne se joue pas à Gandrange.

Un commentaire pour Le mur de la compétitivité

  1. jemetonne dit :

    … Depuis quand les syndicats seraient-ils les représentants légitimes des travaileurs Français avec à peine 8 % de syndiqué ?

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