Le quitte ou double de Sarkozy à trois mois de la présidentielle

Les Echos

Avec le « sommet sur la crise », le chef de l’Etat joue gros sur le plan politique, alors qu’il recule de nouveau dans les intentions de vote.

Il a bien tenté de minimiser la portée de la perte du triple A, vantant son « courage » et son « sang-froid » face à la crise. Mais, ces derniers jours, Nicolas Sarkozy est surtout apparu sonné et fébrile aux yeux de ceux qui l’ont approché.

Dimanche, ses proches ont noté sa « mine défaite » lorsqu’il a célébré à Amboise le centenaire de la naissance de Michel Debré. Et se sont inquiétés lorsqu’il s’est énervé lundi, à Madrid, contre un journaliste qui l’interrogeait sur la dégradation de la note française par Standard & Poor’s. « Il est très affecté. Groggy, comme un boxeur dans les cordes », confie un ténor de la majorité. Le chef de l’Etat est, il est vrai, toujours donné largement battu par François Hollande à l’élection présidentielle (jusqu’à 59 % contre 41 % au second tour). Pire pour lui : il décroche au premier tour dans les sondages, perdant 2 et 2,5 points -à 24 % et 23 % -dans les baromètres Ifop et Ipsos publiés hier.

C’est peu dire, en ce mois de janvier où -selon les politologues -l’opinion se cristalliserait, que Nicolas Sarkozy joue gros avec le sommet sur l’emploi -rebaptisé « sommet sur la crise » -convoqué aujourd’hui à l’Elysée. Comme dans l’intervention télévisée qui suivra, vraisemblablement le 29 janvier, sa prise de décision. Un poids lourd de l’UMP n’y voit rien de moins qu’une « opération survie » à l’approche de la présidentielle. Mais le chef de l’Etat, qui a préparé ce rendez-vous avec application, fait un pari : que les Français lui sauront gré de se battre pour éviter que le pays « se vide de son sang ». « A l’approche de la présidentielle, ses prédécesseurs avaient, eux, choisi la glaciation », martèle un de ses lieutenants. Malgré ses risques politiques, la TVA sociale doit lui permettre de montrer que, sur le thème du « produire en France », « il y a ceux qui parlent et celui qui fait ».

François Hollande, accusé par Nicolas Sarkozy et ses troupes de « se réjouir » de la perte du triple A, est évidemment dans le collimateur de l’Elysée. Le président veut croire -ou se persuader -que la lecture de la situation par les Français est « très différente » de celle que livrent les sondages. Dans le huis clos du petit déjeuner de la majorité, il a noté hier que les travées du gymnase où parlait François Hollande en Guyane étaient « vides » quand Jean-Luc Mélenchon rassemblait 6.000 personnes à Nantes. « Cette élection est difficile mais passionnante », a-t-il lâché, appelant « ceux qui en doutent » à « changer de métier ». Manière de couper court à tout débat sur un recours à droite. « En deux mois, il a rattrapé 50 % du retard qu’il avait sur François Hollande », insistent ses fidèles.

« Extraordinairement risqué »

Nicolas Sarkozy sait qu’il n’a pas d’autre carte à jouer. « La seule clef, c’est l’action. Sinon, on sait comment l’histoire risque de s’écrire », glisse un ministre, promettant « de vrais résultats » à l’issue du sommet. Toute la difficulté est d’obtenir des avancées suffisamment fortes pour convaincre les Français sans se les mettre à dos, alors qu’ « on ne va pas passer de la nuit à la lumière ». Le rendez-vous est « très important pour la présidentielle » mais « extraordinairement risqué », s’inquiète un autre membre du gouvernement. « Ce ne sera pas un tremplin », assure-t-il. « Tous les partenaires sociaux sont autour de la table. C’est en soi un succès », lâche un troisième, mettant la barre au plus bas. Tous rêvent au passage de ramener Jean-Louis Borloo dans le giron présidentiel. L’ex-ministre a été chargé de jouer les « facilitateurs » avec les syndicats. A trois mois du scrutin, dit un proche du chef de l’Etat, «  qu’il dise « je voterai Sarkozy » » vaudrait de l’or en barre ».

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