Samsung assomme ses rivaux à coup de milliards

Les Echos

Le coréen annonce un investissement record de 32,7 milliards d’euros sur 2012. Ses activités électroniques (semi-conducteurs, dalles pour téléviseurs) seront prioritaires.

C’est une démonstration de force, dont les analystes ont été informés par simple e-mail. Samsung Group a annoncé hier qu’il projetait d’investir en 2012 le montant record de 47.800 milliards de wons (32,7 milliards d’euros), dans les quelque 80 entreprises qui composent son empire. Un chiffre en hausse de 12 % sur un an et deux fois supérieur à celui de son compatriote LG Group (14 milliards de dollars d’investissement en 2012, en baisse de 15 %). Cerise sur le gâteau, Samsung, dont le chiffre d’affaires représente environ 20 % du PIB de la Corée du Sud, a aussi indiqué qu’il embaucherait, au cours de l’année, quelque 26.000 salariés supplémentaires, alors même qu’il compte déjà 350.000 employés…

Samsung n’a pas détaillé la répartition exacte de ces montants. Mais Samsung Electronics, la filiale du groupe qui fabrique à la fois des puces (mémoires, processeurs), des dalles pour écrans plats, et des produits grand public (smartphones, téléviseurs, audio…) sera forcément bien servie. Sur les 31.000 milliards de wons qui seront dévolus à l’investissement industriel, 80 % iront à cette entité de 140 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Sans compter une bonne part de l’investissement en R & D, qui atteint quant à lui à 13.600 milliards de wons.

Ces investissements massifs pourraient permettre à Samsung Electronics d’envahir de nouveaux marchés (santé ou éclairage, souvent présentés comme une priorité stratégique par le groupe), mais aussi de creuser l’écart avec ses concurrents sur ses activités actuelles. Mi-décembre, l’institut Gartner anticipait une baisse de 19,5 % des dépenses d’équipement industriel dans les semi-conducteurs. « Samsung entend profiter de la mauvaise conjoncture que rencontreront vraisemblablement ses concurrents pour faire la différence. Il compte faire ce qu’il a toujours très bien exécuté dans d’autres secteurs, comme les mémoires ou les téléviseurs : baisser les prix de manière drastique grâce à des investissements industriels faramineux, pour devenir ensuite le leader », indique Jérôme Ramel, analyste chez Exane BNP-Paribas. C’est le cas dans les semi-conducteurs, où le groupe a l’avantage, par rapport à ses concurrents, de disposer de vastes débouchés internes, avec ses smartphones, PC et tablettes.

Force de frappe industrielle

En 2011, avec 11 milliards de dollars d’investissement industriel selon Exane BNP-Paribas, le coréen ne dépassait que de peu Intel (10,5 milliards) et le taïwanais TSMC (7,3 milliards). En 2012, il devrait largement creuser l’écart, avec 13,5 milliards d’investissement, contre 8,4 milliards pour Intel et 6,2  milliards pour TSMC. Le groupe travaille notamment sur une plus grande finesse de gravure de ses puces (28 puis 22 nanomètres), ce qui lui permettra de se renforcer dans le dernier segment de marché où il n’est pas encore leader : la fabrication de processeurs d’applications pour smartphones et tablettes.

Samsung entend aussi enfoncer le clou dans les nouvelles générations d’écrans plats, notamment sur la technologie OLED, qui permet de fabriquer des écrans ultra-fins et aux couleurs beaucoup plus profondes. Là encore, l’objectif est d’utiliser sa force de frappe industrielle pour inonder le marché de produits peu coûteux. Ses concurrents japonais (Sony, Toshiba, Sharp…) ou coréen (LG), ont du souci à se faire.

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