La banque centrale d’Iran en première ligne pour contrer les sanctions occidentales

Les Echos

La banque centrale d’Iran s’efforce de contrecarrer la chute du rial et d’élaborer des circuits financiers permettant de contourner les sanctions occidentales.

L’effet des sanctions américaines de la fin décembre et la perspective de décisions européennes visant, elles aussi, la banque centrale d’Iran –  un accord de principe a été conclu hier soir pour interdire une grande partie des transactions des Européens avec la banque centrale – ont conduit à un dévissage accéléré de la monnaie iranienne, le rial. Elle est tombée mercredi à son plus bas sur le marché noir, à 18.000 pour 1 dollar, soit 40 % de moins qu’il y a trois mois. Une catastrophe pour le pouvoir d’achat des 78 millions d’Iraniens, puisque la plupart des produits de consommation sont importés. Pour Asadollah Asgaroladi, le président de la Chambre de commerce sino-iranienne, l’inflation atteint d’ailleurs actuellement 40 % en glissement annuel.

Explosion du marché noir

Le gouvernement iranien a interdit toute transaction en dessous de 14.000 rials pour 1 dollar, ce qui a provoqué une explosion du marché noir. L’accès à un site Internet qui fournit l’évolution de la monnaie, mesghal.ir, est bloqué depuis l’Iran et les « tweets » ou SMS contenant le mot dollar sont bloqués. Mahmoud Bahmani, le gouverneur de la banque centrale, convoqué par le Parlement mardi dernier, s’est engagé à reprendre le contrôle du marché des changes. Mais il ne dispose sans doute pas de réserves de change suffisantes pour contrecarrer longtemps une crise de défiance généralisée envers la monnaie nationale.

L’institut d’émission est aussi en première ligne pour contourner les sanctions occidentales. De source généralement bien informée à Téhéran, le régime miserait sur des banques en Biélorussie pour continuer à financer discrètement ses opérations, y compris l’achat d’équipements controversés pour son programme balistique et nucléaire. La banque centrale a décidé, le 15 janvier, d’accélérer l’ouverture d’une banque à Minsk, en sus des deux (Torgovoy Kapital Zao, liée à la banque iranienne Tajerat, et Honorbank) établies il y a deux dans une Biélorussie soumise, elle aussi, en raison de son régime autoritaire, à des sanctions occidentales et donc complaisante envers des parias internationaux. Téhéran aurait aussi prêté 400 millions de dollars à Minsk.

La banque centrale s’est aussi inquiétée de l’inclusion possible de la succursale parisienne de Tajerat sur une liste d’établissements ostracisés par les Occidentaux, ce qui réduirait considérablement les possibilités d’opérations en Europe, après la fermeture au printemps dernier de la banque EIH à Hambourg.

Enfin, Téhéran s’efforce de convaincre ses partenaires de se livrer à des opérations de troc ou de compensation en devises, afin de contourner la difficulté à se procurer des dollars sur les marchés internationaux. Les autorités monétaires iraniennes auraient eu des contacts répétés avec des officiels chinois et indiens à ce sujet, pour l’instant sans succès apparemment.

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