La bonne méthode pour les prix

Les Echos

L’inflation ronge le pouvoir d’achat. L’an dernier, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1 %, amputant la hausse du pouvoir d’achat de 60 %, comme en 2010. Si les produits industriels n’ont pas bougé, les coûts de l’énergie ont pris 12 %, contribuant à eux seuls à la moitié de cette hausse. Grande alors est la tentation du politique d’agir pour limiter ce renchérissement dans un secteur qui a longtemps été sous son emprise. On l’a vu avec les interventions du gouvernement en décembre dernier sur le gaz, en avril sur l’électricité. Et, hier encore, avec la promesse du candidat socialiste François Hollande de réinstaurer la « TIPP flottante », un dispositif qui diminue les taxes sur les carburants quand leurs cours augmentent sur les marchés.

Ce n’est pas la bonne solution. La hausse des prix envoie un signal précieux qui doit agir sur les dépenses. On ne peut pas, par exemple, vouloir à la fois un nucléaire plus sûr, voire plus de nucléaire du tout, et une électricité moins chère. Tout au plus peut-on lisser l’inévitable hausse des prix de l’énergie en la programmant dans le temps, comme le proposent certains experts. Les Français pourraient alors changer leurs comportements et leurs arbitrages pour s’adapter à un monde où l’énergie deviendra plus coûteuse, parce qu’elle sera plus rare et/ou plus propre.

Cela ne veut pas dire que les gouvernants sont impuissants face à la hausse des prix. Ils peuvent d’abord encourager la concurrence dans des secteurs où elle est pour l’instant bloquée par toute une série de verrous, comme tente actuellement de le faire Mario Monti en Italie. L’entrée fracassante de Free dans la téléphonie mobile donne une indication des gains potentiels. Ils peuvent ensuite mieux piloter les tarifs qu’ils réglementent. Car parmi les fortes hausses de prix observées en 2011, il n’y a pas que l’énergie. Si le renchérissement du tabac (+ 5,9 %) peut se justifier par des considérations de santé publique, il n’en va pas de même pour l’enlèvement des ordures ménagères (+ 5,7 %), l’assainissement de l’eau (+ 4,2 %), les services postaux (+ 2,8 %), les transports combinés de voyageurs (+ 2,7 %) ou les transports ferroviaires (+ 2,3 %). Avant de songer à empêcher des hausses des prix logiques chez les autres, les pouvoirs publics nationaux et locaux feraient mieux de balayer devant leur porte.

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