Le poids de la Chine sur les matières premières ne cesse de s’accroître

Les Echos

Alors que la Chine est entrée dans l’année du Dragon hier, les investisseurs tablent sur une croissance proche des 9 %. Un signal de bon augure pour de nombreuses matières premières. L’ex-empire du Milieu a en effet acquis ces dernières années une part prépondérante sur ces marchés.

La Chine est entrée hier dans l’année du Dragon d’eau. Selon les croyances ancestrales, ce signe est synonyme de puissance. Ce nouvel an sera-t-il aussi faste que certains le prédisent ? En tout cas, les derniers chiffres sur la croissance du PIB chinois en 2011 ont rassuré les investisseurs qui ont écarté l’hypothèse d’un « hard landing », un violent ralentissement de l’économie. Au point que la Banque mondiale table sur une dynamique de croissance de 8,2 % en 2012 pour l’ex-empire du Milieu. Des chiffres qui augurent une bonne année pour les matières premières. Car, sur ces marchés, à de rares exceptions près (cacao, sucre, café), la demande chinoise est prépondérante, qui peut représenter parfois plus de 40 % de la consommation mondiale. Petit tour d’horizon du poids de la Chine sur cette classe d’actifs

Un très gros consommateur de métaux de base

Au cours des années 2000, le pays est devenu le principal consommateur de métaux. Il représente à lui seul 44 % de la consommation mondiale de plomb, 43 % pour l’aluminium, 40 % pour le cuivre, 39 % pour le nickel. Si la Chine produit beaucoup de métal gris, en revanche, elle doit importer du cuivre pour satisfaire ses besoins. En minerai de fer, les chiffres sont encore plus élevés. Plus de 75 % de la demande mondiale provient des pays émergents, et plus de 90 % de ce montant revient à la Chine. « L’année du Dragon augure d’une hausse des prix pour la plupart des métaux », a ainsi titré une étude de Goldman Sachs, mi-janvier. Une conviction qui se fonde sur une reprise attendue des logements sociaux et sur un rythme de pro-gression de 8 % pour l’industrie automobile.

En passe de détrôner l’Inde pour les achats d’or

Pour la première fois, au troisième trimestre 2011, la demande en or des Chinois pour la bijouterie a battu celle des Indiens. Ces derniers ont dû faire face à une dépréciation de la roupie par rapport au dollar et à une inflation supérieure à 10 %. Les Chinois ont acheté 131 tonnes d’or à usage de la bijouterie. Cette demande est en hausse de 31 % alors qu’en Inde elle a reculé de 26 %, à 125,3 tonnes. Sur l’année, les Chinois ont aussi acheté 45 % de plus de lingots qu’en 2010, selon Thomson Reuters GFMS (soit 258 tonnes contre 282 tonnes pour l’Inde, un record historique, en hausse de 6 %), grâce au dévelop-pement des infrastructures et des magasins dans les villes plus petites et à une augmentation de leur niveau de vie.

Le troisième importateur mondial de pétrole

La Chine est, désormais après les Etats-Unis et le Japon, le 3 e importateur mondial de pétrole. En 2013, selon Goldman Sachs, elle devrait monter sur la plus haute marche du podium.

60 % des importations de soja

Fortement subventionnée depuis 2004, l’agriculture chinoise doit faire face à l’accroissement des besoins de sa population, qui va chambouler l’équilibre des échanges internationaux. « Sur les produits oléagineux, la Chine a déjà renversé l’équilibre du marché du soja avec des importations qui ont triplé depuis 2004 pour atteindre 60 % des échanges mondiaux. La Chine importe 56 millions de tonnes de graines de soja en 2011 sur un total de 93 millions de tonnes. C’est sans doute le marché sur lequel elle pèse le plus », observe Hélène Morin, responsable du développement et des relations internationales chez Agritel, société de conseil dans le secteur agricole. Sur le blé et le maïs, la Chine, qui a mené une politique d’autosuffisance plus marquée, a moins d’impact. Il n’empêche. En blé, elle détient la moitié de sa consommation en stocks, soit la moitié de la production mondiale et 30 % des réserves totales. Enfin, en maïs, le marché chinois est à un vrai tournant . « Malgré son rang de deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis, la Chine est devenue importateur net de maïs dans un marché où les stocks mondiaux n’excèdent pas un mois et demi de consommation », ajoute Hélène Morin.

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