Musique et fausses notes

Les Echos

S&P influence plus la Bourse que le marché du crédit.

Qui a dit que la planète financière n’avait pas changé ?Il n’y a finalement pas si longtemps qu’un grand banquier américain recommandait de danser tant que la musique ne s’arrêtait pas. Quatre ans et demi plus tard, quelques fausses notes d’agences qui se sont pourtant plusieurs fois fourvoyées dans leurs partitions suffisent à vider la scène boursière. Après celle de l’Etat, le déclassement par Standard & Poor’s de la notation des banques françaises n’aura rien appris aux investisseurs en dette. Le sentiment de ces derniers est certes trois à quatre fois plus dégradé qu’en pleine crise il y a trois ans, mais la « nouvelle » n’a provoqué aucune fièvre comparable à celle de l’été dernier, lorsque les établissements tricolores s’asphyxiaient par manque de dollars. Autant S&P n’a eu aucune influence sur le marché du crédit, autant ses commentaires lapidaires ont aidé à glacer les instincts boursiers. Les valeurs financières ont beau peser une fois et demie moins au sein du CAC 40 qu’il y a cinq ans, la Société Générale, BNP Paribas (+ 43 % chacun), AXA (+ 38 %) et Crédit Agricole (+ 25 %) ont depuis le 23 novembre en grande partie conduit le ballet d’une hausse de l’indice qui cumule 17,7 %. Régulateurs et pouvoirs publics s’en souviendront : quand la finance sans visage reçoit une gifle, c’est tout le marché qui pleure.

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