New Delhi, un acheteur insatiable de matériel militaire

Les Echos

L’Inde estime avoir un retard considérable à rattraper en matière de matériel militaire.

L’Inde ? Pour les marchands d’armes, il s’agit d’une cible décisive. Au-delà du contrat des 126 chasseurs remporté par Dassault, l’Inde est un acheteur insatiable de matériel militaire. Selon le Sipri (Institut de recherche pour la paix de Stock-holm), le pays a été le plus gros importateur d’armes du monde sur la période 2006-2010, avec 9 % du total du commerce international dans ce domaine.

Et il n’y a pas de débat sur l’ampleur des budgets. « Le gouvernement ne veut pas imposer de plafond, de peur d’être accusé de négliger la défense du pays », affirme Kanwal Sibal, ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

L’environnement géostratégique explique cette soif d’équipement. Le Pakistan, pays nucléaire et politiquement instable, inquiète. Mais c’est surtout la Chine que New Delhi observe avec appréhension. « Nous avons des voisins difficiles, et la Chine est nettement mieux équipée que nous », explique Kanwal Sibal. En outre, « nous devons nous préoccuper de toute la zone entre le détroit d’Ormuz et le détroit de Malacca, lance Rahul Bhonsle, consultant dans le secteur de la Défense. C’est une région qui a un problème de sécurité. »

Dans cet environnement difficile, l’Inde s’estime mal équipée. « Nous avons négligé notre défense pendant des années, affirme Kanwal Sibal. On y a consacré environ 2 % de notre PIB alors qu’il faut dépenser 3 % pour avoir une armée moderne. » Tandis que l’Inde achète actuellement pour 12 à 15 milliards de dollars par an de matériel, « la Chine en dépense de 30 à 50 », renchérit Rahul Bhonsle.

Résultat, l’équipement des forces indiennes n’est satisfaisant ni quantitativement ni qualitativement. L’armée de l’air, qui devrait en principe compter 39 escadrons opérationnels n’en a en fait que 29. Selon Neelu Khatri, responsable du secteur Défense chez KPMG, le matériel militaire indien est « obsolète à 50 %, mature à 40 % et de pointe à 15 %. L’état-major souhaite passer à respectivement 30 %, 40 % et 30% ». Le matériel comprend par exemple 450 Mig 21 qui devaient être retirés du service en 2011, ou 7 sous-marins en bout de course.

« Trop de systèmes différents »

Dans ces conditions, les besoins du pays sont gigantesques. Selon Neelu Khatri, « il a été signé pour 35,6 milliards de dollars d’achats d’armes entre 2007 et 2011 et les contrats dans les tuyaux pour 2011 à 2015 sont de 54 milliards. Le pays pourrait acheter pour 100 milliards de dollars d’équipements dans les dix ans qui viennent ».

Selon les données recensées par KPMG, la liste des grands contrats annoncés est longue : rénovation des avions Jaguar, avions ravitailleurs, hélicoptères de combat, six avions de transport C-130J supplémentaires, avions d’entraînement suisse Pilatus, 197 hélicoptères légers, plus de 1.500 canons tractés, plusieurs centaines de canons autotractés, six sous-marins, et bien d’autres.

Le sous-développement de l’industrie nationale de défense, dominée par de grosses entreprises publiques, explique que la majeure partie de ces achats soit effectuée à l’importation. Ce qui présente un inconvénient, souligne Rahul Bhonsle : « Nous avons trop de systèmes différents, le meilleur exemple étant celui des avions de chasse ». Outre les Rafale, l’Inde a commandé l’an dernier à Thales la rénovation de ses Mirage, utilise toujours des Mig et a un projet de chasseur de cinquième génération avec la Russie.

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