La nouvelle ère des matières premières

Les Echos

Atout instant, il se passe quelque chose dans le monde mystérieux des matières premières. Quand ce ne sont pas les cours qui atteignent des sommets, ce sont les acteurs qui se lancent dans des mégafusions. L’annonce d’un probable mariage à 80 milliards de dollars de Glencore et Xstrata appartient à l’évidence à cette seconde catégorie. Mais il ne s’agit pas là d’une union de plus dans les ressources naturelles. Si elle est menée à son terme, cette opération marquera un changement d’époque dans la vie agitée du secteur.

Après l’âge de l’émergence des géants de l’extraction (BHP Billiton, Rio Tinto…) constitués à renfort d’acquisitions spectaculaires s’ouvre l’ère des mastodontes maîtrisant l’ensemble des étapes du cycle des matières premières. Glencore avait déjà un pied dans les deux mondes, c’est vrai, mais, avec Xstrata, il bascule pour de bon dans une logique d’intégration verticale. A la manière des majors du pétrole présentes de l’extraction à la pompe, l’ensemble fusionné opérera depuis les mines ou les terres agricoles jusqu’au négoce.

Et il ne fait aucun doute que cette stratégie fera école. Pour les grands du négoce, c’est le moyen de sécuriser l’approvisionnement de leurs plates-formes de trading. Pour les groupes miniers, c’est LA solution pour continuer à grandir, en dépit de l’hostilité croissante des autorités de la concurrence qui redoutent la formation de monopoles. Pour les deux univers, c’est l’assurance de parler d’égal à égal avec des donneurs d’ordre de plus en plus grand. La Chine à elle seule représente par exemple 44 % de la consommation mondiale de plomb et 43 % de celle de cuivre !

Toute la question est de savoir si ce mouvement est une bonne nouvelle pour les clients et les consommateurs finaux. Sans doute pas. Il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de l’impact qu’a eu la concentration accrue dans l’extraction de minerai de fer sur les conditions tarifaires de ce marché. Organisé jusque-là autour de contrats annuels, il a alors basculé dans un système de renégociations trimestrielles, beaucoup plus propice si ce n’est à une inflation des prix, en tout cas à une plus forte volatilité. Ce qui est bon pour les géants des matières premières ne l’est pas forcément pour le reste de l’économie.

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