Un bilan à défendre davantage

Les Echos

A80 jours du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats qui ont une chance d’occuper l’Elysée après cette échéance ont franchi une étape importante dans le dévoilement de leurs projets. La semaine dernière, François Hollande a détaillé ses 60 propositions ; dimanche, Nicolas Sarkozy a annoncé les derniers chantiers de son quinquennat, qui serviront logiquement de boussole à sa campagne ; mercredi, François Bayrou a chiffré son programme. A entendre les trois, on est frappé par une chose : l’actuel président n’en dit pas assez, ses deux concurrents ne disent pas tout.

Le choix de Nicolas Sarkozy de lancer des réformes intéressantes (TVA sociale) mais tardives à l’extrême fin de son mandat restera comme un ovni politique. Outre qu’elles ne recueillent pas un franc succès dans les sondages, elles ont un inconvénient majeur : elles occultent le temps du bilan des cinq dernières années. Or celui-ci est bien plus riche, sur certains points, que ses opposants le disent et que les commentateurs – « zappeurs » par métier -le voient parfois. Sur le seul champ économique, l’indiscutable mauvaise gestion financière de 2007 et 2008 et trop de zigzags ensuite font oublier les changements structurels sur lesquels personne ne reviendra ou qu’à la marge. Service minimum dans les transports, autonomie des universités, pôles d’enseignement et de recherche de taille mondiale, retraites, remise en ordre des ports, fusions ANPE-Assedic et police-gendarmerie, autoentrepreneur, suppression de la taxe professionnelle, réforme de la représentativité syndicale, début de prise en compte du mérite dans l’Etat, etc. : chacune de ces réformes est plus ou moins aboutie, mais le quinquennat restera comme l’un des plus actifs. On retient l’agitation, il y a eu aussi l’action. Soucieux d’incarner une rupture par rapport à lui-même, Nicolas Sarkozy n’en dit bizarrement mot.

Ses concurrents, eux, pèchent par leur discrétion sur des pans entiers de leurs projets. Précurseur dans le rôle du « rigoureux », François Bayrou a surpris cette semaine en se refusant à donner des exemples d’économies dans les dépenses. François Hollande, s’il affiche la couleur sur les hausses d’impôts, ne dit pas précisément comment les déficits seront réduits et parie sur un retour à une croissance peu crédible. On comprend en filigrane qu’il envisage des réformes, peut-être difficiles et courageuses, dont il n’a pas parlé. Pourtant, une leçon a été donnée par tous les pays qui ont surmonté des crises lourdes, comme le Canada ou la Suède : l’impératif de dire la vérité avant le rendez-vous électoral

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