Investisseurs, le dilemme de la couverture du risque de change

Les Echos

La couverture du risque de change des portefeuilles boursiers fait baisser leur volatilité mais n’augmente pas nécessairement leur rendement.

« La couverture du risque de change n’améliore pas systématiquement le rendement du portefeuille d’un investisseur. Cela dépend de la devise et de l’horizon de temps. En revanche, la couverture tend à diminuer la volatilité des portefeuilles boursiers », souligne Kelly H. Chang de MSCI Barra à l’issue de ses travaux (1). Exemples ? Un investisseur américain a perdu 0,6 % de rendement annuel (9,1 % contre 9,7 %) en couvrant son portefeuille entre 1970 et 2010. Pour un Anglais ou un Canadien, les rendements sont équivalents, portefeuille couvert ou pas. En revanche, pour les intervenants basés en Europe (France, Allemagne, Danemark, Suisse…), le gain de rendement est de 1 % à 2,3 % (2).

Un investisseur basé en France, gagne 1 % de plus (10,4 % contre 9,4 %) grâce à la couverture de son portefeuille. C’est vrai mais pas sur tous les horizons de temps. Ainsi, couvrir le « risque euro » sur trois ou cinq ans a 2 chances sur 3 d’améliorer la performance, mais plus qu’une chance sur 2 sur un horizon de 10 ans. Les mouvements des devises se corrigent, à la hausse ou à la baisse, sur un horizon assez long, et reviennent vers leur valeur de long terme. Ce qui a conduit certains investisseurs à opter pour une méthode radicale. Estimant qu’ils ont une chance sur deux de bien prévoir les devises, ils ne couvrent que la moitié de leur portefeuille chaque année… Une méthode populaire, car simple et bon marché mais trop statique.

Le gain rapporté de la couverture ne doit pas être inférieur à son coût, lequel peut s’avérer élevé selon les devises, les outils utilisés, et la fréquence de couverture. Sur certains segments, telles les obligations émergentes en devise locales, l’évolution du change constitue une part importante du rendement global. Elle n’est donc pas couverte, faisant partie intégrante de la stratégie d’investissement. La couverture du risque de change a au moins un bienfait incontestable, elle réduit la volatilité du portefeuille boursier, quelle que soit la devise. L’effet est particulièrement marqué pour la Suisse, l’Italie ou le Japon.

(1) Currency hedging : a free lunch ? , MSCI Barra research insights. (2) Global investing : the importance of currency returns and currency hedging , MSCI Barra .

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