« La rentabilité des établissements devrait tomber autour de 10 % »

Les Echos – ÉRIC DUPONT RESPONSABLEDES BANQUES FRANÇAISES CHEZ FITCH RATINGS

Quel est le principal défi pour les banques françaises en 2012 ?

Elles devront rassurer les marchés sur leur solidité financière. Une source majeure d’inquiétude tient à la taille des expositions des banques françaises sur les pays périphériques de la zone euro. Leur encours de dettes souveraines sur ces pays atteint 51 milliards d’euros, dont 35 milliards d’euros sur l’Italie. BNP Paribas et Crédit Agricole sont les plus exposées. Il faut ajouter à ce fardeau le poids des encours de prêts à l’économie des Etats périphériques, soit 285 milliards d’euros dont 47 % sont détenus par BNP Paribas et 35 % par le Crédit Agricole du fait de leurs filiales bancaires en Italie. Les banques devront donc convaincre le marché que leurs niveaux de fonds propres sont suffisants pour faire face à ces risques. Il faut également reconnaître que les dirigeants des banques n’ont pas toutes les cartes en main et que le plus grand soulagement viendrait d’une issue à la crise de la zone euro.

La méfiance des marchés est-elle de nature à juguler l’activité des banques ?

Pas vraiment. Depuis six mois déjà, les établissements bancaires ne parviennent quasiment plus à émettre de dette non sécurisée sur le marché. Mais les banques ont des alternatives : elle peuvent émettre des titres sécurisés comme les « covered bonds » ; elles procèdent par ailleurs à des placements privés de dettes senior non sécurisées. Enfin, la facilité de la BCE à trente-six mois au taux de 1 % seulement réduit considérablement le risque de refinancement des banques en 2012.

Parviendront-elles à maintenir leurs niveaux de rentabilité ?

Probablement pas. Les revenus vont pâtir de la réduction de voilure sur de nombreux métiers et cet impact ne sera que partiellement compensé par la réduction des frais généraux. L’environnement économique pourrait également obliger les banques à passer davantage de provisions et autres dépréciations. Enfin, les banques seront très attentives à augmenter leurs ratios de fonds propres pour respecter les objectifs fixés par l’EBA et les ratios de Bâle III, ce qui pèsera également sur leur rentabilité. En moyenne, la rentabilité opérationnelle sur fonds propres des établissements devrait tomber autour de 10 %. Les banques les plus actives en banque de financement et d’investissement seront plus impactées, même si BNP Paribas devrait rester l’établissement le plus rentable en France.

Sont-elles à l’abri d’une nouvelle dégradation de leur note par Fitch Ratings ?

Les notes de viabilité ont été revues en décembre dernier au vu de la perspective de Fitch sur le secteur pour 2012. A ce stade, aucune note de viabilité n’est sous surveillance négative. En revanche, si la France subit une dégradation, Société Générale, Groupe BPCE et La Banque Postale verront aussi leur note long terme baisser car celle-ci dépend directement du soutien potentiel de l’Etat.

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