« Tout reste à faire en Europe ! »

Les Echos – DAVID SHAIRP STRATÉGISTE CHEZ JP MORGAN ASSET MANAGEMENT

Le récent rebond des marchés est-il solide et durable ?

La réponse est non. Ce rebond repose notamment sur l’agressivité des banques centrales, qui ont relancé l’appétit pour le risque. Les marchés ont le sentiment que l’on a passé la partie la plus difficile du cycle économique. L’inflation n’est plus un problème, ce qui est positif pour les actifs risqués en général. Mais il nous semble que les investisseurs sont devenus un peu complaisants.

Des progrès ont pourtant été réalisés dans la zone euro…

Oui, mais il faudra traiter l’ensemble des problèmes pour que l’économie, et donc les marchés, repartent durablement. Prenez l’exemple du Japon. Au cours des dernières années, les différents gouvernements japonais ont lancé au moins 10 plans d’ajustement budgétaire. Ils ont nettoyé les mauvaises dettes des bilans de leurs banques, mais ils ne les ont pas suffisamment recapitalisées. Et tous les instruments de politique monétaire n’ont pas été utilisés à bon escient. Les taux sont à zéro depuis des années, et la marge de manoeuvre de la Banque du Japon est extrêmement faible. Le yen reste beaucoup trop fort pour l’économie nippone. Le Nikkei ne s’est pas remis de ce scénario. Regardez maintenant les Etats-Unis : tout a été fait pour éviter un scénario de stagflation à la japonaise : le secteur bancaire a été recapitalisé, la politique monétaire a été très active avec déjà deux plans d’assouplissement quantitatif, et peut-être un troisième à venir cette année portant sur les titres liés à l’immobilier, les liquidités ont été injectées dans l’économie, le dollar est resté faible… En Europe, ce n’est pas encore le cas.

Les prêts de la BCE aux banques n’ont-ils pas changé la donne ?

Il est possible que cet événement soit un « game changer ». Mais qu’a-t-il changé au juste ? Certes, il a éloigné les craintes d’un effondrement du système bancaire et d’une pénurie de crédits. Mais sur les deux autres sujets majeurs que sont, d’une part, la consolidation budgétaire, et d’autre part, la croissance et la compétitivité des économies, tout reste à faire en Europe ! La zone euro reste par ailleurs aux prises avec le problème de sa monnaie. La devise est compétitive pour l’Allemagne, pas pour la Grèce et les autres pays périphériques de la zone.

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