Des cessions d’actifs pour écarter le risque de liquidité

Les Echos

Pour éviter que la dette devienne un gros problème, PSA prévoit de céder pour 1,5 milliard d’actifs, dont une part de sa filiale Gefco.

Toutes les mauvaises nouvelles annoncées par PSA hier étaient largement attendues, sauf une. Les analystes avaient en effet sous-estimé l’ampleur de la dette du groupe passée à 3,4 milliards d’euros en 2011. En cause : des flux de trésorerie largement négatifs de 1,6 milliard d’euros. Face à ce constat, Moody’s a placé la notation de Peugeot sous surveillance négative. Trop fortement exposé au marché européen, PSA a vu son niveau de stocks augmenter en fin d’année, ce qui a pesé sur le besoin en fonds de roulement. Dans le même temps, la stratégie de PSA consistant à monter en gamme et à se développer dans les pays émergents n’a pas encore porté tous ses fruits. Or, elle nécessite des investissements élevés. Sa nouvelle implantation en Russie n’a par exemple pas encore passé son point mort économique.

Le numéro deux européen de l’automobile pourra-t-il faire face à tous ses engagements financiers ? Pour l’instant, les analystes jugent le risque de liquidité faible. La trésorerie (9,6 milliards d’euros) est considérée comme solide, plus qu’en 2008 en tous cas, et la maturité moyenne des dettes est relativement élevée (presque cinq ans). En clair, PSA ne doit pas faire face à court terme à de gros remboursements.

Cependant, ce problème pourrait s’amplifier en l’absence de redressement des marchés automobiles en 2013. « Dans le courant de l’année, nous verrons probablement de plus en plus de discussions tournant autour du niveau minimum de trésorerie », indiquent dans une note récente les analystes de Credit Suisse, qui voient Fiat et PSA parmi les plus vulnérables.

De là à évoquer une augmentation de capital, il n’y a qu’un pas… que PSA cherche à ne pas franchir. En effet, lever de l’argent auprès des marchés aurait pour conséquence de diluer la famille Peugeot, qui tient corps et âme à sa minorité de blocage. Recourir à l’aide de l’Etat français ne constitue pas non plus une option, car le constructeur devrait alors faire une croix sur toute restructuration en France.

Pour éviter que le risque de liquidité devienne un souci, PSA prévoit donc de céder pour 1,5 milliard d’euros d’actifs, dont 440 millions d’euros ont déjà été réalisés avec la vente du loueur Citer. Le groupe attend aussi 500 millions d’euros de la vente de son patrimoine immobilier, dont son emblématique immeuble de la Grande-Armée. Une belle adresse de 36.800 mètres carrés proche de L’Etoile. Enfin, PSA souhaite obtenir 500 millions d’euros de la mise en Bourse ou de la cession d’une participation minoritaire dans le groupe de logistique Gefco, qui dégage une marge enviable de 6 %. « Céder des actifs est toujours à double tranchant : se priver de bénéfices futurs pour sécuriser le bilan aujourd’hui », résume David Arnold, analyste chez Credit Suisse, cité par Bloomberg.

Avant de brandir l’arme ultime de la recapitalisation, PSA a encore d’autres cartouches disponibles. Les analystes de CM-CIC évoquent par exemple la possibilité de faire remonter davantage de dividendes de la filiale bancaire ou encore de suspendre d’autres investissements dans les pays émergents, notamment au Brésil.

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