Portugal : un second plan d’aide évoqué

Les Echos

Alors que la Troïka des créanciers internationaux arrive aujourd’hui à Lisbonne, la nécessité de rallonger le prêt accordé au Portugal semblerait inévitable.

Au grand dam des dirigeants portugais, les marchés sont persuadés que leur pays suivra le même chemin que la Grèce. Si beaucoup d’économistes écartent encore la probabilité d’un défaut, une rallonge au plan d’aide de 78 milliards d’euros leur semble désormais inévitable. Les causes ne seraient pas tant internes qu’externes, à mesure que s’aggrave la situation grecque.

« Le risque est que les opérateurs de marché ignorent les progrès structurels latents et se concentrent strictement sur les perspectives de croissance à court terme », souligne Gilles Moec, chef économiste de Deutsche Bank, dans une note récente. Même si la récession en 2011 s’est révélée légèrement moins importante que prévu (1,5 %), l’économie portugaise devrait encore se contracter de 3,1 % en 2012.

Mais les parallèles avec la Grèce s’arrêtent là. « La différence la plus flagrante est que le Portugal mène relativement bien son programme d’ajustement », juge Gilles Moec. Le gouvernement vient de signer un accord avec les partenaires sociaux sur la réduction des coûts de licenciement et des jours de congé. Lisbonne a également bien avancé dans son programme de privatisations. « Ce que la Grèce n’a pas réussi à faire en dix-huit mois, le Portugal l’a fait en six mois », résume Diogo Teixeira, directeur d’Optimize Investment Partners.

« Quitte ou double »

Déficit et dette publics sont aussi sur une meilleure voie. Le Portugal devrait afficher un déficit de 4,5 % du PIB pour 2011, mieux que l’objectif de 5,9 %. La dette publique est légèrement au-dessus de 100 % du PIB selon l’OCDE, bien moins qu’en Grèce ou même qu’en Italie.

Toutefois, argumente Gilles Moec, une « assistance financière complète devrait être accordée au Portugal au-delà de 2013, afin que le retour sur les marchés puisse se faire plus tard, une fois que l’impact des réformes structurelles se fera sentir de façon plus significative ». « C’est quitte ou double, estime Diogo Teixeira. Ou la récession européenne est légère et la situation grecque se règle sans contagion ou la situation s’aggrave et le Portugal en reprend pour un ou deux ans de financement aidé. » Selon Goldman Sachs, la rallonge nécessaire serait comprise entre 30 et 50 milliards d’euros.

Même s’il a nié demander plus de temps ou d’argent, le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, a indiqué que les créanciers internationaux ne laisseront pas tomber le Portugal. « S’il est nécessaire d’ajuster le programme portugais, nous sommes disposés à le faire », a confié le ministre allemand des Finances à son homologue portugais lors d’une conversation privée incidemment enregistrée en marge de la dernière réunion de l’Eurogroupe.

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