Le chat et la souris

Les Echos

Nicolas Sarkozy au « 20 Heures » de France 2 pour lancer des mesures de « justice » ; François Hollande publiant son autoportrait d’un rassembleur chez Robert Laffont… Le 22 février restera comme une journée type de cette campagne 2012. Le président égrène ses mesures chocs sur l’économie, le candidat socialiste peaufine son profil d’homme-qui-écoute (il s’est rendu au « ministère de la crise des banlieues » du collectif AClefeu). Le « chat » veut débusquer un adversaire qui « ne prend pas la mesure de la crise » ; la « souris » n’en a cure, élude et se faufile. Les sondages lui susurrent qu’elle peut gagner sans trop risquer. Elle les écoute.

Loin derrière dans les intentions de vote, malgré le petit effet constaté par certains instituts, Nicolas Sarkozy est plus que jamais à l’offensive, surtout lorsqu’il peut venir brouiller la sortie éditoriale de son adversaire. Persuadé que François Hollande a commis une erreur en détaillant son projet en une fois, il prend le contre-pied. A chaque intervention, il lancera comme hier deux ou trois mesures censées frapper les esprits. En 2007, il avait conçu les idées comme des pare-chocs contre les attaques dont il était l’objet. Cette année, les idées deviennent dynamite : il faut forcer l’adversaire à se découvrir, à se positionner, à montrer sa propension à la dépense publique –  « il ne propose pas une seule économie ! » –.  Et tant pis si la ligne d’ensemble n’est pas encore lisible. Ou si les annonces sur la méthode – le référendum -ont pour l’instant vampirisé celles qui le positionnent comme un « capitaine dans la  tempête ». L’essentiel est d’enfoncer un coin, dès qu’il se présente. Les leaders de la majorité ont vertement critiqué hier l’abstention socialiste sur le Mécanisme européen de stabilité. « Il y a des sujets qui doivent transcender l’intérêt général », s’est indigné Nicolas Sarkozy.

François Hollande se défend bien sûr de toute esquive. Il se présente dans son livre comme un « social-démocrate » assumé et promet de respecter ses engagements de maîtrise des dépenses publiques. Mais pas question de détailler le comment ni d’effrayer sa gauche. Il met l’accent sur les sujets de société (il s’est prononcé hier pour la recherche sur les cellules souches embryonnaires) ou la façon de gouverner (« l’Etat impartial »). Le vainqueur d’une campagne est en général celui qui réussit à imposer son terrain de jeu à l’autre. Pour l’instant, chacun boxe sur son ring.

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