Hollande a bien évalué ses dépenses, à l’exception des emplois d’avenir

Les Echos

L’Institut Montaigne, en partenariat avec « Les Echos », a chiffré les mesures nouvelles proposées par le PS. Il valide ses évaluations, à l’exception notable des 150.000 emplois d’avenir, dont le coût serait sous-estimé de 50 %.

Trop optimiste sur certaines mesures, trop pessimiste sur d’autres, François Hollande ne peut pas être accusé d’avoir minimisé le coût de son projet. C’est la conclusion à laquelle parvient l’Institut Montaigne, un think tank à tendance libérale, après s’être penché sur les quelque 15 milliards de dépenses nouvelles proposées par le candidat PS. Le projet en comprend en fait 20 milliards mais les cinq derniers milliards correspondent à des baisses d’impôts (aides à l’industrie, impôt réduit pour les PME, etc.). En retenant les conventions budgétaires de Bercy, l’Institut Montaigne, qui poursuit le chiffrage des programmes électoraux en partenariat avec « Les Echos », a néanmoins relevé quelques erreurs, le plus souvent marginales.

Une seule retient l’attention : les 150.000 emplois d’avenir. Leur coût aurait été fortement sous-évalué. Il représenterait 3,2 milliards d’euros chaque année, en rythme de croisière, soit 50 % de plus que prévu. Chose rare, l’Institut Montaigne crédite son chiffre d’un indice de précision de 5/5, ce qui laisse entendre qu’aucune erreur n’est possible. Pourquoi un tel écart ? L’Institut émet deux hypothèses : soit le PS a oublié que ces contrats, financés aux trois quarts par l’Etat, sont en fait souvent conclus par l’Etat lui-même (60 % dans le cas des emplois jeunes sous Lionel Jospin), ce qui alourdit la facture de 25 % ; soit il a omis le coût des allégements de charges offerts aux associations, en plus de la subvention de l’Etat. Autre mesure phare pour l’emploi, les 500.000 contrats de génération coûteraient un tout petit peu plus cher qu’annoncé. L’Institut Montaigne table sur une dépense annuelle de 2,5 milliards, soit 10 % de plus que prévu. La mesure doit encourager l’emploi aux deux extrêmes de la pyramide des âges (moins de 25 ans et plus de 55 ans). En embauchant un jeune, et en conservant un senior pour l’accompagner, l’entreprise bénéficierait d’une exonération de charges de 195 euros par mois sur le premier, de 225 euros pour le second.

Des mesures onéreuses

Les corrections ne se font toutefois pas toujours au détriment du candidat. François Hollande a surestimé certaines dépenses. C’est notamment le cas pour les 60.000 emplois supplémentaires dans l’Education nationale, dont le coût aurait été surévalué de 10 %. La différence tient au fait que le candidat socialiste intègre les cotisations retraite, ce qui n’est pas la convention habituellement retenue par Bercy.

L’Institut s’est également penché sur des dépenses nouvelles n’ayant pas été évaluées par le PS. Quatre se révèlent pourtant potentiellement assez coûteuses. La couverture de la France en très haut débit représenterait une facture annuelle de 750 millions d’euros. Le doublement du plafond du Livret A et le rétablissement de la formation initiale des enseignants en coûteraient 1 milliard de plus. Quant à la construction de 2,5 millions de logements intermédiaires, dont 150.000 « très sociaux », elle alourdirait le programme de 440 millions par an.

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