La Chine réduit sa dépendance au dollar

Les Echos

Pékin a réduit, l’an dernier, son exposition au risque dollar dans ses réserves officielles de change. Une première historique depuis l’existence des données statistiques compilée à partir de 2001 par le département du Trésor américain. Selon les chiffres divulgués par ce dernier, mercredi soir, la Chine détenait 1.150 milliards de dollars d’emprunts du Trésor américain au 31 décembre dernier contre 1.160 milliards fin 2010. En juillet de l’an dernier, ce montant avait même atteint un pic de 1.315 milliards de dollars. Selon les calculs effectués par Dow Jones, cité par le « Wall Street Journal », la proportion des réserves chinoises investies en dollars se serait effondrée à 54 % en juin 2011 contre 74 % en 2006.

Pour les experts, cette baisse s’explique par deux facteurs. D’une part, la Chine, comme d’autres pays émergents, s’est engagée dans une politique de diversification progressive de ses réserves. D’autre part, les rendements offerts par les titres du Trésor américain sont peu élevés. Si, aujourd’hui, le rendement des T-bonds à 10 ans est remonté à 2,04 %, en septembre dernier, il avait atteint un plus bas de 1,67 % en pleine crise des dettes souveraines de la zone euro. C’est faible et le potentiel de plus-value, de ce fait, est limité.

La défiance relative vis-à-vis du dollar de la Chine et des autres pays émergents s’illustre aussi à travers les achats de métal fin. A l’occasion d’une mise à jour du « Gold Survey 2011 » de Thomson Reuters, en janvier dernier, le rapport relevait une nette recrudescence des achats d’or de banques centrales, notamment du Mexique, de la Corée du Sud et de la Thaïlande. Si aucun chiffre n’a été mentionné pour la Chine, toujours discrète sur ses opérations, il est probable qu’elle soit active sur le marché. Moins de 5 % de ses énormes réserves officielles (estimées à 3.200 milliards de dollars) sont investies en or (contre près de 80 % pour les Etats-Unis). Le mois dernier, le Conseil mondial de l’or relevait les mêmes tendances avec une présence accrue de la Chine et de l’Inde sur le marché. Un mouvement qui s’explique, selon l’organisation, par le fait que les pays émergents veulent diversifier leurs réserves officielles au regard de la dégradation de la qualité des titres d’Etat qu’ils détiennent et de leur faible rendement. La crise des dettes souveraines européennes et la dégradation de la notation des Etats-Unis, l’été dernier, ont alimenté leurs craintes.

Au vu des tendances actuelles, le mouvement n’a pas de raison de s’arrêter. La relative défiance vis-à-vis des titres d’Etat du Trésor américain a abouti à ce que la Réserve fédérale des Etats-Unis soit classée aujourd’hui au rang de numéro un des détenteurs de T-bonds, T-bills et autres.

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