Le problème des surcapacités en Europe reste entier

Les Echos

Philippe Varin, le PDG de PSA, estime que l’Europe produit 20 % de voitures en trop. Il faudrait supprimer 5 grosses usines pour adapter la production à la demande, selon Morgan Stanley.

Dans un marché automobile européen où la croissance risque de faire défaut pour plusieurs années, les constructeurs automobiles seront bien contraints de prendre un jour ou l’autre leurs responsabilités. Opel et PSA ne sont pas les seuls confrontés à ce problème. Au niveau global, « les surcapacités européennes sont supérieures à 20 % », soulignait Philippe Varin, le président du groupe français à l’occasion de la présentation des résultats du constructeur à la mi-février.

Le marché européen devrait à nouveau baisser d’environ 5 % cette année. « Pour 2013, il ne faut pas escompter une croissance significative. Pour que cette situation ne perdure pas, une réduction de capacité est inévitable », toujours selon le patron de PSA, en rappelant son problème de compétitivité sur le créneau des petites voitures (segment B), où ses usines alignent actuellement des semaines de chômage partiel. Les lignes qui fabriquent les petites Peugeot et Citroën travaillent à 76 % en moyenne, et moins que cela si l’on raisonne en incluant une équipe de nuit.

Son homologue Dan Akerson, le patron de GM, travaille de son côté sur un plan de restructuration en Europe, pour tailler partout où ce sera possible. « Il n’y a pas que le sujet des surcapacités », estime-t-il. Il s’agit de tout passer en revue, afin « d’abaisser le point mort économique » d’Opel-Vauxhall tout en élargissant son échelle. Les sites de Bochum, en Allemagne, et d’Ellesmere Port, au Royaume-Uni, sont en première ligne.

Guerre des prix

Au total, pour aligner la production au niveau actuel de la demande, il faudrait retrancher l’équivalent de 1,5 million de véhicules par an sur la scène européenne. Soit l’équivalent de 5 grosses usines, selon Morgan Stanley. En se livrant à une guerre des prix, qui mine leurs marges, les groupes automobiles ne font que repousser le problème. Certes, les acteurs ne restent pas immobiles : le cabinet PwC estime que la production automobile baissera de 600.000 unités cette année en Europe, soit un recul de 3,5 %. Et pour cause : les constructeurs sont les premiers à souffrir lorsque leurs stocks de voitures neuves dépassent la ligne de flottaison.

Mais les projets des uns et des autres tirent à hue et à dia. Ces dernières années, PSA a fermé une usine en Grande-Bretagne, Opel un de ses sites en Belgique, et Fiat a quitté la Sicile. Mais dans le même temps, par exemple, Kia a inauguré une usine majeure en Slovaquie, Hyundai a posé ses valises en République tchèque, BMW a investi dans l’ex-RDA (Leipzig) et Ford a relancé un site en Roumanie. Le tout avec à chaque fois des aides publiques à la clef. Sans parler de Renault, qui va bientôt arroser le marché européen en modèles à bas coûts depuis le Maroc.

Dans ce contexte, la question des surcapacités contient tous les ingrédient s pour rester sans réponse quelques années encore.

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