Les fonds souverains dopés au pétrole profitent de la hausse de l’or noir

Les Echos

La hausse du brut accroît la force de frappe sur les marchés des fonds alimentés par les exportations de pétrole et gaz. Les emprunts américains en bénéficient par ricochet.

La hausse des cours de l’or noir fait le bonheur des fonds souverains dont les ressources sont alimentées par les exportations de gaz et pétrole de leur pays. Les 5 plus gros fonds pétrole (Abu Dhabi, Norvège, Arabie saoudite, Koweït, Russie) gèrent près de 2.200 milliards de dollars.

Entre 2002 et 2011, la part des actifs gérés par les fonds matières premières (essentiellement pétrole et gaz) dans le total des capitaux gérés (4.800 milliards) a reculé de 77 % à 56 %, au détriment des fonds qui sont eux alimentés par une partie des réserves de change de leur pays (Chine, Singapour). Or les premiers ont pour objectifs d’épargner pour les générations futures et de limiter l’impact des fluctuations du cours du pétrole sur leurs économies qui en dépendent fortement.

Effet protecteur

Un des moyens d’y parvenir est d’investir sur les obligations d’Etat américaines. La raison ? Elles offrent une protection quand la croissance ralentit. La valeur des emprunts d’Etat américains augmente quand le pétrole baisse et les ressources des fonds souverains avec lui.

La hausse des cours du pétrole, qui traduit des tensions géopolitiques et non pas une demande excessive, pourrait se traduire par davantage d’achats de T-bonds américains par les fonds souverains du Golfe souhaitant se prémunir contre la poursuite du ralentissement mondial de la croissance.

TheCityUK, un lobby de la place de Londres, estime que les sommes gérées par les fonds pétrole devraient progresser de 200 milliards de dollars cette année, à 2.900 milliards.

Bonne liquidité

Or, même si une fraction est investie sur les obligations américaines, l’impact pourrait être significatif. En effet, selon de récents travaux (1), une hausse de 100 milliards de dollars des achats de T-bonds par les investisseurs étatiques fait baisser à court terme de 40 à 60 points de base le taux à 5 ans américain. A plus long terme, l’effet n’est plus que de 20 points de base.

La bonne liquidité et sûreté des T-bonds, au regard de celles des titres européens, peut compenser en partie les rendements peu attrayants des obligations d’Etat américaines.

 (1) « Foreign Holdings of US Treasuries and US Treasury Yields », Federal Reserve, janvier 2012.

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