Malheureux en alliances, GM doit faire ses preuves avec PSA

Les Echos

Plutôt malheureux dans ses partenariats, mais désormais viable financièrement, GM doit prouver qu’il saura tirer le meilleur parti de sa nouvelle coopération avec PSA.

L’alliance avec PSA va-t-elle régler le problème européen de General Motors ? « Cet accord a du mérite du point de vue des achats ou du partage de plates-formes, mais je ne vois vraiment pas pourquoi il fallait prendre 7 % du capital de Peugeot. Ce n’était pas nécessaire. Sinon, pourquoi pas une prise de participation croisée ? Les investisseurs prennent cela assez mal parce qu’ils ont un souvenir amer de la prise de participation de GM dans Fiat », remarque Joe Philippi, président de Autotrends Consulting.

GM a deux marques en Europe : Vauxhall en Grande-Bretagne et Opel en Allemagne. Cela fait des années que cette dernière est dans le rouge, plombée par des coûts trop élevés sur un marché européen en baisse. « La nouvelle direction de GM, en particulier son PDG, Dan Akerson, le vice-président, Steve Girsky, et la patronne de la R&D, Mary Barra, affichent un niveau de tolérance beaucoup plus bas pour les pertes de la division européenne », constate Michael Robinet, directeur général de IHS Automotive Consulting. D’où cette alliance qui doit les aider à partager les risques et diminuer les investissements en capital. « C’est une stratégie un peu machiavélique pour signaler aux syndicats allemands qu’il est temps de faire des concessions », poursuit Joe Philippi.

« Une affiliation intéressante »

GM et PSA sont concurrents sur de nombreux marchés, mais les analystes considèrent que cela peut, de facto, les amener à davantage de coopération. « Si, dans le futur, ils peuvent développer ensemble, ils pourront par exemple travailler sur l’amélioration de certaines technologies tout en augmentant leurs économies d’échelle », indique Michael Robinet. C’est une affiliation intéressante. Elle ne va peut-être pas payer tout de suite, mais le fait de partager les achats va permettre de réduire leurs coûts. Autant dire qu’il y a des fournisseurs qui se font du souci en ce moment. »

GM va aussi profiter du savoir-faire de PSA dans les moteurs Diesel. Le groupe français peut quant à lui profiter du fort développement de son allié en Chine. Au bout du compte, « ce qui va changer la vie de GM en Europe, c’est de dessiner des voitures qui plaisent au public », assure Jim Gilette, consultant de IHS Automotive.

Ces vingt dernières années, GM a multiplié les alliances internationales, parfois avec des échanges de participation, mais sans beaucoup de réussite. Le succès avec PSA dépendra en partie du nouveau management qui a prouvé qu’il pouvait restructurer un constructeur ayant enregistré en 2011 le meilleur résultat de son histoire avec un bénéfice de 9,2 milliards de dollars.

« Le GM d’aujourd’hui est beaucoup plus fort que celui d’avant la mise sous Chapitre 11 (faillite) où il croulait sous le poids de la dette et des coûts trop élevés », rappelle Jim Gilette. « S’il n’y avait pas eu un marché porteur en Amérique latine et en Chine depuis 2009, on ferait face à un GM très différent de celui qu’on voit aujourd’hui. Mais c’est une société qui a des plates-formes intégrées dans le monde entier. Ils ont la bonne structure et sont en train de regagner du terrain en Amérique du Nord. Seule l’Europe est un problème », abonde Michael Robinet. En février, les ventes de GM ont progressé de 1,1 % aux Etats-Unis, portée par les nouveaux modèles de Chevrolet.

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