Monnaies : Brasilia furieux contre l’Europe et les Etats-Unis

Les Echos

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, dans un discours, jeudi, aux chefs d’entreprise et aux dirigeants syndicaux, a stigmatisé les politiques monétaires des pays riches.

Trop c’est trop. La guerre est déclarée. La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a fustigé, jeudi, devant un parterre de chefs d’entreprise et de syndicalistes, les politiques monétaires européennes et américaines, qui aboutissent à l’arrivée de capitaux sur le marché brésilien : « Oui, ce tsumani monétaire déclenché par les pays développés nous inquiète. » Le Brésil se doit de créer des instruments pour combattre les politiques « perverses mises en oeuvre par les pays riches tels que l’Union européenne, qui inondent le monde de dollars ». Elle a dénoncé, depuis le palais du Planalto, « les méthodes de sortie de crise employées par les pays développés qui impliquent une cannibalisation des marchés émergents ».

L’irritation, déjà affichée lors d’une interview récente du ministre des Finances brésilien, Guido Mantega, au « Financial Times », pourrait bien s’étendre à d’autres grands pays émergents qui se débattent dans des difficultés similaires.

Enrayer la hausse du real

La goutte qui a fait déborder le vase a été la décision, jeudi, de la Banque centrale européenne d’accorder au système bancaire plus de 500 milliards d’euros de crédit à 3 ans au taux fixe de 1 %. Une facilité énorme qui s’ajoute aux politiques monétaires très accommodantes des Etats-Unis, du Japon et du Royaume-Uni. Du coup, la chef de l’Etat brésilienne a de nouveau dénoncé, comme l’avait fait son ministre à l’automne 2010 peu avant le sommet des chefs d’Etat du G20 de Séoul, une « guerre des monnaies qui s’appuie sur une politique monétaire expansionniste qui fausse les règles de la concurrence ». De fait, les dollars affluent vers le Brésil depuis plus d’un an, attirés par des rendements alléchants. Des flux qui contribuent au renchérissement du real et nuisent, de ce fait, à la compétitivité de l’industrie brésilienne. Les taux d’intérêt monétaires de la banque centrale s’élèvent en effet à 10,5 %.

Sur la défensive, le Brésil multiplie les mesures techniques pour tenter de contrôler ces flux de capitaux et d’enrayer la hausse de sa devise. Dernière en date : jeudi, le gouvernement a porté de deux à trois ans la durée d’application de l’impôt de 6 % sur les emprunts des entreprises à l’étranger. Mais cela ne suffira sans doute pas à inverser la tendance. Et certaines banques craignent déjà que d’autres mesures de contrôle de capital soient annoncées dans les prochains jours.

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