La concentration en Chine des terres rares s’explique par des raisons écologiques

Les Echos

Les 17 terres rares sont des métaux pas si rares que ça, mais indispensables aux hautes technologies. Leur extraction, très polluante, est concentrée en Chine.

Ils sont 17 et ont des noms saugrenus (scandium, cérium, europium). Dénommés improprement « terres rares » (ce sont en fait des métaux et qui se rencontrent usuellement dans la nature) depuis leur découverte au XIX e siècle, ils représentent des composés indispensables aux hautes technologies civiles et militaires grâce à leurs propriétés magnétiques. A faible teneur, on les retrouve dans les téléphones portables, les disques d’ordinateur, les systèmes de navigation, et les technologies vertes (pots catalytiques, moteurs électriques, éolien). Cela a représenté l’an dernier un marché de 128.000 tonnes et de 1,25 milliard de dollars.

Répartition des réserves

Si seules quelques mines au Brésil, en Australie, en Malaisie ou en Inde empêchent la Chine de disposer d’un monopole absolu, la répartition des réserves mondiales est moins déséquilibrée. Seulement le tiers d’entre elles se trouvent en Chine. La concentration actuelle des mines dans ce pays, autour de la Mongolie Intérieure, s’explique par le fait que leur extraction est gourmande en main-d’oeuvre, coûteuse (40 dollars le kilo en moyenne) et conduit à l’accumulation de sous-produit toxiques, notamment radioactifs, incompatibles avec les législations occidentales. La Chine a pratiqué une politique active de subvention à cette industrie et de dumping international à partir de 1992, après que Deng Xiao Ping a déclaré : « Il y a du pétrole au Moyen-Orient et il y a des terres rares en Chine ». Inquiets de la domination chinoise, les Occidentaux s’attellent à la réouverture de leurs mines jadis non rentables, notamment celle de Mountain Pass, en Californie, qui fournissait encore en 1984 le tiers du volume mondial de terres rares. Mais elles mettront des années à être opérationnelles.

95 % de la production mondiale

Pékin, qui concentre 95 % de la production mondiale, peine à répondre à la fois à la demande de ses clients étrangers et de ses propres industries, en croissance rapide. Ses exportations sont passées de 47.000 tonnes en 2000 à 30.000 tonnes l’an dernier. Une baisse que Pékin justifie par sa volonté de réduire, précisément, les dégâts environnementaux, de lutter contre la contrebande et d’éviter un épuisement rapide de ses gisements, ce qui la pousse à acquérir des mines à l’extérieur de ses frontières. Selon Dudley Kingsnorth, un analyste du marché, le déficit entre offre et demande mondiale serait actuellement de 15.000 tonnes et monterait à 40.000 tonnes en 2015.

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