Victoire de la gauche ou de la droite : comment a réagi le CAC 40 par le passé

Les Echos

La Bourse de Paris enregistre de meilleures performances sous la gauche. Mais l’écart se réduit à zéro quand on exclut les trois mois précédant les élections.

Victoire de la gauche ou de la droite : comment a réagi le CAC 40 par le passé

Les marchés préfèrent-ils la gauche ou la droite ? En fait, ils préfèrent s’abstenir… L’effondrement de 33 % de la Bourse de Paris en mai 1981 après l’élection de François Mitterrand, le plus mauvais mois de son histoire, fut un moment pénible pour les boursiers et les épargnants. Mais le premier mandat du candidat socialiste s’est traduit au bout du compte par une progression de 250 % de la Bourse française. Loin de la débâcle redoutée. Et elle s’est s’envolée de 450 % lors de son second septennat…

Des travaux (1) de David Le Bris, chercheur à BEM Bordeaux Management School, démontrent que le rendement de la Bourse est supérieur sous un gouvernement de gauche. Les actions françaises y gagnent en moyenne 5,9 % par an sur longue période (1871-2008) contre 2,12 % sous un gouvernement de droite. En termes de rendement réel, l’écart est encore plus important (4,29 %), car l’inflation est en moyenne plus forte sous la droite. Seulement, ce sont les trois derniers mois d’un gouvernement qui expliquent l’essentiel de la divergence gauche-droite. Ainsi, dans les trois derniers mois d’un gouvernement de gauche, le marché parie sur l’alternance : il anticipe (le plus souvent avec justesse) et espère une victoire de la droite et commence à progresser. Mais cette progression est « engrangée » par la gauche encore au pouvoir…

Facteur d’incertitude

A l’inverse, dans les derniers mois d’un gouvernement de droite, il commence à baisser redoutant l’arrivée de la gauche. Dans les trois mois qui précèdent l’arrivée d’un gouvernement de gauche, la Bourse cède 7,4 %, alors qu’elle augmente de 9,6 % quand la droite s’apprête à chasser la gauche du pouvoir. L’étude montre que la Bourse enregistre un rendement trois fois supérieur à ce qu’il est le reste du temps durant la première séance après la victoire et ce, quelle que soit l’orientation politique du nouveau gouvernement. C’est le signe qu’un facteur d’incertitude (risque politique) est éliminé et non pas que le « CAC 40 salue la victoire de… » tel ou tel candidat. « Le marché réagit avant le changement de gouvernement, pour être ensuite comme indifférent une fois la décision connue », explique David Le Bris. Un contexte macroéconomique plus favorable et porteur sous un gouvernement de gauche peut aussi expliquer en partie l’écart de rendement entre les 2 couleurs politiques. Mais cela n’explique que 35 % de cet écart. L’évolution des actions peut aussi n’avoir que peu de rapport avec la politique mise en oeuvre. Exemple ? Sous les sept mois du gouvernement Mendès France (1954), la Bourse française a bondi de 75 %. Seulement, la cote a été surtout tirée vers le haut grâce à la découverte par le groupe Esso du gisement pétrolier de Parentis, présenté alors comme le « Texas français ». Le cours du groupe pétrolier avait été multiplié par 10, entraînant dans son sillage les actions françaises. La meilleure performance sous la gauche n’est pas la juste compensation de davantage de risques puisque la volatilité des actions françaises y est plus faible quand elle est au pouvoir. Le rendement des dividendes est aussi plus fort (3,9 % contre 3,5 % pour la droite).

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