Stratégie de Court Terme (09/05/2012):

Frédéric Gilbert

Un changement majeur s’est opéré le mois dernier, et a entrainé la rupture de la tendance haussière de court terme dans laquelle le Cac s’était installé depuis l’intervention de la BCE mi-décembre: le retour du risque politique. Les évènements récents, notamment en Grèce, marquent en effet le retour de facteurs négatifs sur la psychologie du marché. S’y ajoute une rupture technique depuis le franchissement à la baisse des 3250 pts. Ce mouvement baissier devrait conduire l’indice parisient aux alentours de 3000 pts à court terme (entre 2970 et 3050 grosso modo). Ce support – psychologique et technique – est important. Après presque 600 pts de baisse depuis les plus hauts, le retour des acheteurs sera le point à surveiller, étant donné l’abondance de liquidité hors marché. L’absence de volume et la cassure des 2950 pts entraineraient très certainement le Cac à 2800 pts (retracement exact de la première vague de baisse 3600 – 3100 pts).

Bien qu’un retour d’une spirale baissière sous les 2950 pts laisse penser que l’objectif est à 2500 pts, (pont bas mars 2009) l’intervention de la BCE mi décembre a montré à mon sens qu’elle surveillait la situation et était prête à intervenir en cas de risque de propagation de l’incendie. Autrement dit, il me semble peut probable qu’elle agisse différemment la prochaine fois (c’est à dire si le marché retourne vers 2800 pts), et qu’elle laisse le départ de feu (= hausse de la volatilité, rupture des supports de court terme) se propager (= retour vers 2500 pts). Comme à son habitude, la scénario le plus probable est qu’elle attende d’observer de nouvelles tensions avant d’agir, et qu’elle passe à l’action  au moment où la maison risque de s’embraser pour de bon. Mon conseil est donc de guetter de moment où le marché s’emballera pour commencer à acheter. Parallèlement, une analyse des cycles saisonniers montre qu’en général la période mai-octobre sous-performe (faiblesse des indices, surtout en mai-juin et septembre-octobre) et que les années se terminant par x1 ou x2 ( 1991, 2001, 2002, 2011, 2012…) sont les plus faibles sur la décennie considérée. En intégrant en outre la cyclicité des affaires (cycles de Kitchin, de Juglar….), nous avons cette année un probable creux économique et boursier dans les mois à venir à exploiter sur un horizon de 2-3 ans.

Le marché US, qui a si bien résisté jusque là, me semble paradoxalement plus vulnérable qu’il n’y parait. C’était déjà le cas en début d’année, et les fondamentaux actuels sont toujours aussi fragiles. Son comportement m’a néanmoins  humblement donné tort. Je m’attends donc toujours à de mauvaises surprises de l’autre coté de l’Atlantique, pour les mêmes raisons. La trajectoire des indices US depuis le début d’année est à mon avis la pire boussole qu’un investisseur serait avisé de suivre dans une optique de moyen terme. Leur configuration actuelle, associée aux données économiques et aux leadings indicators, font figures d’avertissement majeur, car les circonstances actuelles ont toujours été associées à des déconvenues significatives. Un décrochage à court terme du S&P, associé à des chiffres économiques faibles et décevants jusqu’au mois d’Octobre, catalyserait bien sûr la baisse des marchés européens. Je reste pour le moment méfiant, et préoccupé par les propos de certains économistes (cf ici).

C’est ainsi quelques mois agités qui nous attendent. Malgré la hausse de la volatilité à prévoir, les déceptions sur la situation économique des USA, les difficultés à surmonter les problèmes européens, et la faible conviction qui caractérise les moments tourmentés, il faut se préparer à acheter à partir de 2800 pts, et être dans une stratégie d’accumulation sur les actions. Seul le franchissement à la hausse des 3300 pts permettrait de retrouver un biais haussier.  Tant que ce niveau n’est pas franchi, une nouvelle baisse de quelques centaines de points est très probable. C’est dans cette optique que des listes de valeurs doivent commencer à être constituées aujourd’hui (à acheter sur les niveaux pré-cités, en fonction des objectifs et du profil de chacun).

Stratégie de suiveur et de momentum: valeurs fortes (momentum très positif, bonne visibilité des résultats, progression des cours déjà importantes):  Safran, Ingenico, EADS, Gemalto, Zodiac

Valeurs favorites: Michelin, CGG Veritas, Accor, Air Liquide, Schneider, Scor

Valeurs défensives: Sanofi, Total, Essilor, Pernod Ricard, Danone, Eutelsat

Stratégie contrariante: valeurs décotées dont la visibilité d’ici la fin d’année est faible:  Air France, Peugeot, Vallourec, Nexans, Valeo, Eramet, Veolia, Société Générale, BNP

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :