Le CFA, un passeport pour les métiers financiers

Les Echos

Le 29 mai prochain, c’est le CFA Institute qui sonnera la cloche à la Bourse de Paris, marquant ainsi l’ouverture de la séance. Même chose à New York, Londres, Singapour et dans une quinzaine de Bourses à travers le monde. Une façon de célébrer avec éclat le cinquantième anniversaire de son programme. Dans le monde entier, en effet, la certification CFA (Chartered Financial Analyst) est devenue une référence pour les acteurs de la finance. Chaque année, quelque 100.000 étudiants et professionnels du secteur – dont plus de 2.000 en France -se présentent dans l’un des 180 centres, avec l’espoir de réussir à l’un des trois niveaux d’examen.

Gestion de portefeuille, analyse obligataire, produits dérivés, investissements alternatifs… Le programme traite tous les aspects de la discipline. Son contenu est renouvelé chaque année pour environ un tiers, afin de tenir compte des évolutions de la profession – comme l’essor de la finance quantitative. De quoi constituer un sésame pour décrocher un poste dans les banques, les sociétés de Bourse, les grandes institutions financières internationales ou les directions financières des entreprises.

« Il s’agit d’une formation très prisée des employeurs, en particulier pour les métiers de la gestion d’actifs et de la gestion de portefeuille, indique Thierry Iochem, analyste chez eFinancialCareers France, un des principaux sites spécialisés dans le recrutement financier. Sur un CV, la certification CFA est un atout. En revanche, elle présente moins d’intérêt dans le trading ou le « private equity », où l’on mise davantage sur l’expérience. » Certaines offres d’emploi mentionnent même la certification CFA.

Reste que la barre est placée haut : seuls de 30 à 40 % des candidats obtiennent le précieux label. «  I l faut compter au minimum 250 heures de travail personnel par niveau », indique Philippe Maupas, secrétaire général du CFA France. Les plus rapides passent les trois niveaux en trois ans.

Code d’éthique

Mais réussir l’examen ne suffit pas. Pour obtenir le label, il faut aussi remplir quelques conditions supplémentaires : avoir exercé pendant au moins quatre ans, être à jour de sa cotisation annuelle et, surtout, signer chaque année la charte d’éthique. Celle-ci occupe une place de plus en plus importante dans le programme – autour de 15 %. « L’éthique est au coeur de nos enseignements, souligne Philippe Maupas. Tous les ans, une bonne dizaine d’exclusions sont prononcées pour cause de manquement à notre code. »

A Chicago, le président mondial, John Rogers, a d’ailleurs souhaité que le CFA prenne position sur ce sujet, afin de « contribuer à restaurer l’image des professions financières ». Il a proposé une cinquantaine de mesures allant dans ce sens : recommander des placements transparents, dénoncer les comportements non déontologiques, mettre l’intérêt du client avant le sien propre…

Afin de promouvoir son label, le CFA a signé des partenariats avec des universités. En France, c’est le cas pour sept institutions : Dauphine, l’ESCP Europe, l’Essec, HEC, l’Insead, Reims Management School et Paris-I Panthéon-Sorbonne. Toutes s’engagent à intégrer au moins 70 % du programme CFA dans leur cursus de master. En revanche, les élèves se présentent en candidat libre. Organisme indépendant et à but non lucratif, le CFA connaît depuis une dizaine d’années une croissance spectaculaire, notamment en Asie. Il compte aujourd’hui 110.000 titulaires dans le monde, dont 600 dans l’Hexagone.

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