L’ère de la croissance lente

Les Echos

Le tableau apparaît dès le premier trait, dès la première phrase des « Perspectives économiques » publiées hier par l’OCDE : « L’économie mondiale essaie, une fois encore, de revenir à la croissance. » Les chiffres confirment la langueur de l’économie planétaire, déjà signalée dans les prévisions de la Commission européenne et du FMI publiées ces dernières semaines. Dans les pays développés, la production devrait progresser d’à peine plus de 1,5 % cette année. Dans la zone euro, elle devrait stagner et il faudra attendre 2014 pour qu’elle retrouve son niveau de 2008.Cette faiblesse pèse sur la croissance mondiale, limitée à moins de 3,5 %. L’économie est une voiture à la pédale de frein bloquée. Impossible d’actionner le levier budgétaire dans les pays où le déficit budgétaire approchera ou dépassera cette année encore 8 % du PIB, comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et l’Inde. Difficile aussi d’y toucher dans des pays en voie de normalisation comme la France. Seules la Chine (déficit public inférieur à 2 % du PIB) et l’Allemagne (1 %) ont un peu de marge de manoeuvre. Pékin a d’ailleurs annoncé un plan de relance majeur avec des baisses d’impôts et des grands projets. Et Berlin augmente ses fonctionnaires.

Dans cette langueur, il est vital de remettre la croissance au coeur des stratégies économiques. Il faut donc en parler, comme le font à raison les chefs d’Etat Barack Obama et François Hollande, comme d’ailleurs désormais tout ce que l’eurocratie compte de gouvernants, argentiers et experts. Mais ça ne suffit pas. Il faut ensuite reconnaître que la croissance se traînera encore pendant des années. Pour des raisons financières, bien sûr. Nous sommes loin d’avoir traité les effets de l’explosion de la plus formidable bulle de dettes de toute l’histoire. L’apurement de l’endettement privé commence à peine en Europe et il se traduit par une montée insoutenable de la dette publique au Japon et aux Etats-Unis. La croissance sera aussi lente pour d’autres raisons que nous refusons pour l’instant d’admettre, qui relèvent de la démographie et de l’énergie.

Parler, reconnaître et enfin agir pour renforcer cette croissance languissante. Ce n’est pas assez le cas. Les hausses d’impôts, aujourd’hui privilégiées pour assainir les comptes publics, vont freiner davantage l’activité que ne l’auraient fait des baisses de dépenses. Nous allons devoir évaluer toutes les mesures de politique économique à l’aune de la croissance. En France, l’exercice sera douloureux.

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