La chute de l’immobilier a laminé la richesse des ménages américains

Les Echos

La chute de l\'immobilier a laminé la richesse des ménages américains

Voilà un rapport dont l’administration Obama se serait sans doute bien passé à cinq mois de l’élection présidentielle. Selon la dernière étude triennale sur l’évolution des finances des consommateurs, publiée lundi soir par la Réserve fédérale (Fed) sur son site, le patrimoine net des ménages américains a chuté « radicalement » entre 2007 et 2010. Non seulement le revenu médian des ménages est en recul de 7,7 % (à 45.800 dollars) sur la même période, mais leur patrimoine net a chuté de 38,8 % du fait de l’effondrement de la valeurdes logements. Au final, le rapport confirme la tendance à la paupérisation progressive de la classe moyenne américaine depuis la dernière récession, même s’il note que les revenus les plus élevés ont aussi subi une perte de rentrées significative.

« Globalement, à la fois le patrimoine net médian et le patrimoine moyen des ménages ont tous deux chuté dramatiquement sur cette période (de 38,8 % et 14,7 % respectivement), sous l’effet principal de l’évolution du patrimoine immobilier et de la valeur des actions », note le rapport de la Fed. Au total, c’est la plus importante chute sur une période de trois ans observée depuis le démarrage de l’enquête en 1989, le patrimoine médian des ménages (77.300 dollars en 2010 contre 126.400 dollars en 2007) étant retombé à son niveau de 1992, en données corrigées des effets de l’inflation. Parallèlement, la part des foyers américains sur-endettés qui sont en retard de 60 jours au moins sur leurs remboursements est passée de 7,1 % à 10,8 % en trois ans.

« Bien que les baisses de valeur des actifs financiers et des entreprises aient été des facteurs pour certains foyers, le recul du patrimoine médian a été essentiellement tiré par la chute globale des prix immobiliers », souligne la Fed. Outre les données brutes sur l’érosion de la richesse des ménages, le document de la banque centrale contient quelques pistes intéressantes sur l’évolution de leurs comportements.

La part des ménages américains ayant réussi à épargner quelque chose est tombée de 56,4 % à 52 % en trois ans. Mais la tendance est désormais davantage à une « épargne de précaution » liée à la perte de confiance dans l’évolution de l’économie qu’à une volonté de « mettre de côté » pour sa retraite ou pour le financement des études. Bien que la baisse de revenus ait été plus prononcée pour les 10 % des foyers les plus favorisés, les revenus moyens de cette tranche restaient de 349.000 dollars en 2010.

Même si elle s’arrête à 2010, l’enquête des autorités monétaire américaines met en lumière l’ampleur des difficultés auxquelles risque d’être confronté Barack Obama pour valoriser son bilan économique, après la révision à la baisse des chiffres de la croissance (de 2,2 % à 1,9 %) au premier trimestre. Signe d’espoir : selon une étude présentée hier par le gérant BlackRock, le marché de l’immobilier aurait pratiquement touché le fond et devrait amorcer une « très lente reprise » à partir de l’année prochaine.

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