G20, la fin du rêve

Les Echos

A l’origine du G20, il y a un rêve. Le rêve que les pays représentant 85 % de la richesse de la planète puissent agir collectivement afin de garantir la stabilité de l’économie mondiale. A chacun ensuite de définir sa propre stratégie de croissance, mais dans un monde qui ne soit ni une jungle monétaire ni un coupe-gorge financier. Lorsqu’il se transforma en forum de chefs d’Etat, à Washington en 2008, le G20 incarna ce fol espoir, sans cesse déçu depuis, d’un meilleur pilotage de l’économie.

Cet espoir a culminé lors du sommet de Londres en 2009. Un court moment, le monde se mit à croire au pouvoir collectif de ses dirigeants. Une esquisse, non pas de gouvernement mondial, mais de coordination intelligente des politiques économiques était peut-être en train de naître. C’est ainsi que, à Londres, les chefs d’Etat promirent de « réformer » l’ordre économique mondial, décidèrent de mobiliser 5.000 milliards de dollars pour relancer l’économie de la planète, doublèrent les ressources du Fonds monétaire international et mirent sur pied le Conseil de stabilité financière pour mieux surveiller le secteur de la finance.

Joli succès… mais le seul jusqu’ici. Pittsburg, Toronto, Séoul, Cannes et hier Los Cabos : les G20 qui suivirent ne furent que mises en scène sur fond de détérioration de la situation en Europe. L’enjeu est pourtant encore plus dramatique qu’il y a trois ans. Dans les pays développés, la crise de la dette s’est aggravée. Si les relances budgétaires ont évité des récessions brutales, elles ont aussi aggravé le mal. Les pays développés, Europe en tête, ont reporté l’ouverture d’un long cycle de désendettement. Ces années pénibles sont devant nous. Et c’est maintenant que le G20 serait utile, pour faire en sorte que la rigueur nécessaire des uns soit équilibrée par la croissance des autres au lieu d’entraîner le monde dans une spirale récessive.

Hélas, les pays réunis au Mexique offrent un tout autre spectacle : les Européens sont renvoyés à leurs difficultés, les émergents se replient sur eux-mêmes et multiplient les mesures protectionnistes, tandis que les Etats-Unis poursuivent une fuite en avant monétaire dont le monde entier paiera un jour très cher les conséquences. Tout se passe comme si nous étions revenus au degré zéro de la coopération internationale. Au Mexique, le rêve d’un G20 jouant collectif est mort, alors que les risques économiques n’ont jamais été aussi élevés.

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